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Tuesday, March 20, 2007

L'indépendance, seule solution viable pour le Kosovo

Selon Le Monde, le rapport Ahtisarri transmis au conseil de sécurité de l'ONU parlerait pour la première fois "d'indépendance sous supervision internationale". On voit mal en effet comment cela pourrait en être autrement, le Kosovo étant depuis 1999 de fait séparé de la Serbie et 90% de la population refusant tout rattachement à ce pays là. Terrible constat cependant que cette indépendance devra être imposée par la communauté internationale, la majorité de la classe politique serbe refusant tout compromis sur cette question difficile. Je discutais ce week-end avec le camarade Nénad, secrétaire du SDU (Social Democratic Union) sur cette possibilité. Plusieurs problèmes se posent:
  • La Serbie a adopté à la fin de l'année dernière une constitution à la va-vite proclamant que "le Kosovo faisait partie intégrante de la Serbie". Cette initiative visait à couper l'herbe sous le pied des radicaux (extrême-droite). Quelle inconséquence! (1) Les radicaux ont quand même gagné les élections, (2) les partis "démocratiques" se sont enfermés dans une impasse sur le Kosovo dont ils devront payer le prix à terme.
  • Histoire d'insister encore plus, le Parlement serbe a adopté à une énorme majorité une résolution refusant tout compromis sur la question kosovars, réinsistant que le fait que toute négociation menant à l'indépendance entrainera un refus de principe, voirs des mesures de rétorsions.
  • Kostunica (premier ministre sortant, droite) et Tadjic (président, Parti Démocratique) semblent être prêts à la politique du pire en suscitant la montée des revendications indépendantistes en Republica Serbska (entité serbe crée en Bosnie après la guerre et suite aux accords de Dayton).
En Serbie, seule la coalition Parti Libéral-Démocrate / Alliance Civique / Union Social-Démocrate / Ligue de Voïvodine a clairement affirmée son acceptation de l'indépendance. Le Parti démocrate est prêt à discuter avec eux pour former le gouvernement, pouvant ouvrir la voie à une discussion sur la Serbie. Mais le gouvernement ne pourra se faire sans l'appui (voir la direction) du parti de Kostunica qui avait annoncé qu'il menaçait de rompre les relations diplomatiques avec tous les pays qui reconnaîtront un Kosovo indépendant. Les négociations sur le gouvernement doivent se terminer fin avril au plus tard et il est certain que la question du Kosovo risque fort de mettre du piment dans les négociations.

La Serbie peut par ailleurs compter sur le soutien sans faille de la Russie au Conseil de Sécurité. Bref, la question est loin d'être réglée. Cela empêche pourtant à la Serbie d'avancer, de tourner le dos une fois pour toute au nationalisme, de se pencher sur les enjeux économiques et sociaux qui méritent d'être traités. Et çà, c'est bien dommage..

Friday, March 09, 2007

Toujours se méfier...

.. des victoires militaires rapides...

Elles masquent souvent des débacles longues à s'annoncer. En disant cela, vous pensez certainement à l'Irak. Mais c'est un nouveau scénario catastrophe qui s'annonce en Somalie. Tout le monde s'était réjoui (un peu trop vite?) de la débacle des tribunaux islamistes, terrassés par l'armée éthiopienne avec le soutien logistique des américains. C'est en dehors de toute légitimité internationale que se perpétuaient les bombardements américains pour détruire 'les infrastructures terroristes'. A croire qu'on apprend peu de ses erreurs passées..

Que se passe-t-il aujourd'hui? On observe une recrudescence de la guérilla, voir même un début d'insurrection. Les troupes internationales de maintien de la paix sont acceuillis à coup de caillous.

Le gouvernement transitoire tarde à intégrer en son sein l'ensemble des composantes de la société somalienne (que cela fasse plaisir ou non, il est préférable d'avoir les modérés des tribunaux islamistes à l'intérieur du gouvernement que les ultras se lancer dans des attentats). Bref, malheureusement, la stabilité en Somalie n'est pas pour demain.

J'entends les "réalistes" dire ici où là que de toutes façons, on ne peut rien faire dans cette situation inextricable. J'ai la faiblesse de penser qu'un plus fort investissement de la communauté internationale, un soutien plus appuyé au processus de transition est une exigence. Non pas uniquement morale, mais réaliste justement, tant on sait qu'on a besoin de tout sauf d'un nouveau foyer de tensions propres à l'installation de nouveaux camps d'entraînements terroristes. Le problème sur ce sujet est que c'est toujours en prétandant "lutter contre le terrorisme" que les américains l'attisent.

Espérons que nous ne soyons pas complètement entré dans le cercle vicieux de la violence et de la destruction en Somalie. Il est peut-être encore temps de réagir.

Wednesday, January 03, 2007

Ban Ki-Moon, ça commence mal!

Ban Ki-Moon, nouveau secrétaire général de l'ONU commence très très mal. Lors de sa première conférence de presse, il refuse de condamner l'execution de Saddam Hussein, considérant "qu'il revient à chaque pays de se déterminer sur la question". Faux. L'ONU, en tant qu'institution a toujours marquée son opposition de principe à la peine de mort. C'est d'ailleurs pour cela que l'ensemble des juridictions internationales n'applique pas la peine de mort. Que son pays (la Corée du Sud) applique la peine de mort, c'est une chose. Mais on attend du secrétaire général de l'ONU qu'il dépasse justement son appartenance nationale.

A noter tout de même: pendant la même conférence de presse, Ban Ki-Moon déclare que sa priorité sera au réglement de la guerre au Darfour. Après l'adoption d'une résolution de l'ONU autorisant l'envoi de casques bleus, il s'agit pour les Nations-Unis d'oser aller contre la volonté du régime de Khartoum et refuser les compromissions actuellement à l'oeuvre. Seule une vrai force de l'ONU solidamment armée et équipée pourra faire respecter la paix. Et les basses manoeuvres de Omar Hassan el Bachir cachent mal sa volonté de vouloir continuer à tuer en toute impunité.

Sur ce sujet, je vous conseille la lecture de l'éditorial (il est pas encore en ligne mais il ne devrait pas tarder à l'être) d'Odile Tobner, dans Billets d'Afrique, journal mensuel de SURVIE, sur la question du Darfour qui résume bien tous les enjeux.