Selon Le Monde, le rapport Ahtisarri transmis au conseil de sécurité de l'ONU parlerait pour la première fois "d'indépendance sous supervision internationale". On voit mal en effet comment cela pourrait en être autrement, le Kosovo étant depuis 1999 de fait séparé de la Serbie et 90% de la population refusant tout rattachement à ce pays là. Terrible constat cependant que cette indépendance devra être imposée par la communauté internationale, la majorité de la classe politique serbe refusant tout compromis sur cette question difficile. Je discutais ce week-end avec le camarade Nénad, secrétaire du SDU (Social Democratic Union) sur cette possibilité. Plusieurs problèmes se posent:
La Serbie peut par ailleurs compter sur le soutien sans faille de la Russie au Conseil de Sécurité. Bref, la question est loin d'être réglée. Cela empêche pourtant à la Serbie d'avancer, de tourner le dos une fois pour toute au nationalisme, de se pencher sur les enjeux économiques et sociaux qui méritent d'être traités. Et çà, c'est bien dommage..
- La Serbie a adopté à la fin de l'année dernière une constitution à la va-vite proclamant que "le Kosovo faisait partie intégrante de la Serbie". Cette initiative visait à couper l'herbe sous le pied des radicaux (extrême-droite). Quelle inconséquence! (1) Les radicaux ont quand même gagné les élections, (2) les partis "démocratiques" se sont enfermés dans une impasse sur le Kosovo dont ils devront payer le prix à terme.
- Histoire d'insister encore plus, le Parlement serbe a adopté à une énorme majorité une résolution refusant tout compromis sur la question kosovars, réinsistant que le fait que toute négociation menant à l'indépendance entrainera un refus de principe, voirs des mesures de rétorsions.
- Kostunica (premier ministre sortant, droite) et Tadjic (président, Parti Démocratique) semblent être prêts à la politique du pire en suscitant la montée des revendications indépendantistes en Republica Serbska (entité serbe crée en Bosnie après la guerre et suite aux accords de Dayton).
La Serbie peut par ailleurs compter sur le soutien sans faille de la Russie au Conseil de Sécurité. Bref, la question est loin d'être réglée. Cela empêche pourtant à la Serbie d'avancer, de tourner le dos une fois pour toute au nationalisme, de se pencher sur les enjeux économiques et sociaux qui méritent d'être traités. Et çà, c'est bien dommage..
