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Thierry Marchal-Beck
La position actuelle de la France, concernant le Liban n'est pas défendable ni comprise tant par les médias américains, bien heureux pour certain de pouvoir pointer du doigt ce pays fort dans les discours faible dans les actes ; l’attitude française est aussi difficilement compréhensible pour les étudiants libanais que je rencontre sur le campus. Malgré cela il faut admettre que le mandat de l'ONU n'est pas le plus clair qu’il soit. En cas d'attaque d'Israël nous ne pourrions rien faire. Ensuite nous avons déjà perdu des soldats au Liban et il y a moins de deux ans en Côte d'Ivoire, il est normal que nos militaires demandent plus de garantie.
Ce qui m’intéresse toujours le plus, ce n’est pas de répéter pour une énième fois que Chirac et la droite dans son ensemble ne sont pas capables, ,mais plus de s’interroger sur ce que les socialistes et notamment le MJS ont à proposer. Est-ce que le MJS pourra apprendre de ces tristes événements et avoir enfin une orientation cohérente sur l'armée ? On ne peut pas demander la baisse du budget de façon constante de l'armée et exiger en même temps notre présence au quatre coin du monde. Si on envoie nos soldats dans des zones dangereuses, il me semble indispensable qu'ils aient le meilleur matériel, notamment pour assurer leurs propres sécurités. Les marines étaient très mal équipé quand ils sont parti en Irak, ils devaient pour la plus part acheter pour près de 2000 dollars de matériels. Rangers non adapté au désert, gilet pare-balle non adapté aux températures, insuffisance de poche pour ranger les munitions. Nos soldats ont-ils le matériel nécessaire ? Nous leurs demandons de risquer leurs vies, devons-nous aussi leurs demander de payer pour leurs matériels. Pour envoyer 2000 soldats à l’étranger sur une période de 18 mois, il faut 6000 soldats, ce peux impliquer une augmentation des effectifs et donc du budget de la défense.
De surcroît pour envoyer nos soldats aussi loin, il faut avoir les capacités de les projeter, ce qui implique d'avoir les navires et avions porteurs en conséquence. Si on envisageait aussi de vouloir garantir la souveraineté aérienne du territoire libanais, il nous faudrait au moins un porte-avion et si la mission dure plus d'un an, deux afin qu'ils puissent alterner. Je sais bien que l'on a pas mal d'hommes en Afrique et de bases que l'on pourrait rapatrié et ainsi faire des économies de fonctionnement et réduire la nécessité d’augmenter les effectifs. Toutefois cela ne semble pas compenser les moyens nécessaires si nous décidons de maintenir notre présence : ne serais-ce qu'au Kosovo, en Haïti et puis surtout en Afghanistan où là il devient nécessaire et urgent d'augmenter les effectifs (je ne parle même pas de ce qui nous serait nécessaire en homme et en matériels pour aller au Darfour). Si le New York Times a raison de critiquer l'attitude de Chirac, il devrait aussi critiquer ceux qui proposent constamment de baisser le budget de l'armée. Ces mêmes personnes souhaitent pour autant intervenir aux différents endroits chauds de la planète et cela sans l'aide des Etats-Unis alors que nous n'avons pas d'avions longs transports porteurs de troupes et d'artillerie à la fois (et le projet de convertir le dernier avion d’airbus en avion porteur militaire européen et abandonner pour l’instant faute de crédit). La cohérence de l'action politique, notamment quand on veut se débarrasser de la tutelle militaire -principalement matériels- des Etats-Unis et de se doter d'un budget militaire cohérent à nos ambitions et si possible dans un cadre européen. Toujours se rappeler que les militaires et leurs armes ne font que ce qu'ont leurs dit et si nous souhaitons développer une armée dont le but est principalement humanitaire, maintien de la paix mais cela dans des territoires périlleux, il nous faut porte-avions, avions de transports et le meilleur matériels pour nos soldats afin de les protéger. Dire qu’il faut renforcer les dépenses militaires, donner à l’Union Européenne les moyens de pouvoir projeter une force importante sans avoir recours à la logistique et aux matériels américains, c’est simplement se donner les outils pour mener une politique alternative. Que faire de cette armée renforcée, à quelle fin l’utiliser, là est la responsabilité du politique. On peut faire le choix d’aller en Irak ou bien d’aller au Liban ou encore au Darfour. Les Etats-Unis ont ce choix et ils ont politiquement tranché. La France et l’Union Européenne même si nous le souhaitions ne pourrions remplir ces deux missions faute de moyens.
Loin de moi l’idée de dédouaner Chirac, mais si la France avait réduit son budget militaire comme les socialistes l’avaient préconisé nous n’aurions même pas eux le choix. Se doter d’une armée européenne digne de ce nom, c’est simplement permettre des politiques alternatives et obliger les politiques à assumer leurs responsabiliser car enfin à ce moment ils n’auront plus d’excuses.












