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Thursday, July 26, 2007

Qui nous disait que la Françafrique était finie?

A l'heure où Sarkozy est en Afrique pour sa grande tournée de la continuité de la politique Françafricaine de Papa (Chirac) avec une visite au Sénégal et au Gabon, rue89 publie un excellent article sur les accords de sécurité et de défense. A lire absolument. Ils décryptent le fonctionnement de ces accords, souvent classés secret-défense et dépendant du bon vouloir du seul président de la République. Les socialistes s'étaient engagés à revenir sur ces accords en les renégociant sous le contrôle du Parlement (malgré les attermoitements de la candidate sur la question, mise-en-avant au début de l'article). Sarkozy avait soigneusement évité le sujet. Hasard? Le Gabon et le Sénégal sont deux pays ayant signés de tels accords avec la France et acceuillant sur leur sol des bases militaires françaises. La "rupture" n'est définitivement pas à chercher du côté de la politique africaine de l'Elysée..

Saturday, February 24, 2007

Elections au Sénégal: les penchants autoritaire de Wade

Les élections au Sénégal se tiennent dimanche. Le président actuel, Abdoulaye Wade avait élu en 2000 au terme d'une élection qui avait vu le Parti Socialiste perdre un pouvoir qu'il occupait depuis 40 ans. L'alternance démocratique avait été salué par la communauté internationale, Abdou Diouf, le président socialiste sortant acceptant le résultat des élections et laissant Wade, le libéral prendre la tête de l'Etat, conformément au souhait des électeurs.
Les élections se tiennent dimanche et Wade est présenté partout comme le grandissime favori. C'est certainement vrai, tant Wade aura préparé minutieusement sa réelection, en utilisant tous les moyens à sa disposition. Il est vrai aussi que l'opposition lui facilite la tache tant la division risque de tuer dans l'oeuf toute vélléité de changement. Entre Dieng, le candidat socialiste, Idrissa Seck, ancien collaborateur de Wade, ou Niasse et sa coalition 2007, le choix ne manque pas et on ne peut que regretter l'échec des initiatives visant à présenter un candidat unique face à Wade.
Mais alors que l'élection de Wade marquait l'affirmation de la démocratie sénégalaise grâce à l'alternance, sa réelection risque de marquer la dérive autoritaire d'un régime prêt à tout pour assurer sa survie. J'entendais sur RFI ce matin que "la campagne électorale s'était relativement bien passée". On croit rêver. Fin Janvier, c'était une manifestation de l'opposition réclamant des garanties sur la tenue du scrutin qui était réprimé par le pouvoir. Wade ordonnait l'arrestation de 3 candidats à l'élection présidentielle.. Imagine-t-on Sarkozy en France faire arrêter Ségolène Royal, Marie-Georges Buffet et Olivier Besancenot suite à une manifestation. Non. C'est pourtant ce qui s'est passé au Sénégal et RFI se devait aussi de le souligner.
Autre motif d'inquiétude, la fraude électorale. Wade sonne aujourd'hui le tocsin. Toutes les garanties démocratiques sont réunies, dit-il et tous ceux qui oseraient le mettre en doute suite à l'annonce des résultats seront arrêtés. On croit rêver. Pourtant les problèmes existent. Une partie significative des électeurs n'a toujours par reçu les nouvelles cartes électorales, réputées infalsifiables. L'opposition met en garde et Wade qui fanfaronne aujourd'hui en déclarant "qu'il ne comprendrait pas qu'il ne soit pas élu au premier tour tant les sondages sont bons. Un second tour ne sera pas nécessaire à ma réelection" ne fait que semer le doute. La crainte des fraudes est telle que le Parti Socialiste français a décidé d'envoyer deux représentants en la personne de Harlem Désir, député européen et Thomas Mélionio, délégué national à l'Afrique pour témoigner.
La dérive autoritaire de Wade, ce fut aussi pendant son mandat la censure et les limitations à la liberté de la presse, l'emprisonnement des opposants ou de ses anciens amis qui avaient décidé de rejoindre l'opposition. Les faits se sont enchaînés, ternissant l'image d'un chef d'Etat bénéficiant pourtant du soutien de la communauté internationale.
Il est vrai que Wade est un libéral (sur le plan économique, car sur le plan politique on vient de voir que c'était loin d'être le cas). Un ami des organismes internationaux qui n'ont cessé de louer ses efforts en faveur de la bonne gouvernance. Ce fut l'un des inspirateurs du NEPAD, il est adulé par la droite française. Tout particulièrement par Sarkozy qui ne cherche à faire oublier ses paroles sur "l'immigration choisie" qui avait fait bondir Wade. Bref, Wade c'est du vernis pour faire briller auprès de la communauté internationale. Quand on gratte, la réalité est plus cruelle, et la démocratie sénégalaise mérite mieux qu'un homme au tentation sans cesse plus autoritaire.