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Tuesday, March 13, 2007

En bref..

La démocratie avance en Mauritanie..
Et comme souvent, cela se fait sans la France. Le coup d'Etat militaire avait été condamné par la France. Les militaires ont tenu parole, et les élections présidentielles se sont tenus ce dimanche, prouvant que Démocratie et l'Afrique sont loin d'être antinomiques comme essayent de nous le faire croire ceux qui justement sont prêts à tous les batons dans la rue pour maintenir l'Afrique sous dépendance. Le deuxième tour opposera un partisan de l'ancienne majorité contre l'opposant historique. C'est la première fois qu'un deuxième tour à l'élection présidentielle aura lieu.

Mais elle continue de régresser en Russie..
Elections régionales en Russie, et là c'est la situation est inverse. La démocratie continue de reculer dans l'indifférence la plus totale. Poutine avance sur la "non-démocratie". Seuls les partis qui soutiennent Poutine sont autorisés à se prononcer. Pour capter le vote protestataire, on crée de toute pièce des partis protestataires, dont on s'assure que la protestation restera bien encadré. C'est le cas du parti "La Russie juste" qui s'indigne de la montée de la pauvreté et dénoncent les inégalités..tout en soutenant Poutine. Par contre, les partis libéraux ont été tout simplement écartés comme Iabloko, ne soulevant que très peu de protestations. Je lisais dans la presse hier qu'une manifestations d'opposants et de démocrates avaient réuni 5000 personnes récemment et que c'était la plus grande manifestation de l'opposition depuis très longtemps. 5000 personnes! Pour la Russie! C'est dire le niveau anémique de la société russe actuelle. Il ne faut pas desespérer, disent les démocrates. La collusion avec les oligarches a sans doute contribué à expliquer leur rejet, mais c'est surtout le baillonement de la presse, effectuée de manière méthodique depuis plusieurs années par Poutine qui explique cela.

Faut-il parler avec la Syrie?
J'entends ce matin que M. Solana, le haut représentant de la politique extérieure européenne, se rend en Syrie. C'est incontestablement un inflechissement. Cela se fait avec le soutien plein et entier de la France, nous dit-on: là c'est un revirement dans la politique étrangère de la France. Pourquoi? Etant donné la situation en Irak, il semble évident qu'il faille discuter avec la Syrie, tant leur implication et pouvoir de nuisance est fort. Néanmoins dans le timing, cette visite peut faire débat. On sait que les syriens sont prêts à tout pour obtenir la fin des menaces pesant sur le régime, via le tribunal à caractère international sur l'assassinat de Hariri au Liban. Les pressions sur la Syrie pour qu'elle ne fasse pas entrave à l'enquête de l'ONU avaient été vaines. Et il y avait une ligne de fracture dans la diplomatie européenne avec d'un côté essentiellement Moratinos, ministre des affaires étrangères espagnols, avec l'appui italien qui cherchaient à inclure la Syrie dans le jeu et de l'autre côté la France qui considérait qu'il fallait isoler la Syrie jusqu'à ce que le tribunal international rende ses conclusions et que les coupables soient jugés. Il semble que cela soit la première optique qui soit en voie de remporter, du fait de la situation en Irak. Et on craint que le Liban fasse les frais du nouvel intérêt de la communauté internationale pour le régime Syrien. La stratégie de pression de l'opposition libanaise, Hezbollah en tête, aura également payé. La Syrie est incontournable, et cela au détriment de la stabilité régionale. Le Liban risque d'être la monnaie d'échange pour la Syrie qui sait jouer de ses multiples cartes pour assurer la survie de son régime. Je lis le communiqué de presse de l'agence de presse syrienne et cela renforce mes doutes. Je suis sur que Solana a annoncé sa volonté de parler du tribunal international. Rien ne transparaît. Mais comme à chaque visite d'un responsable international, le régime syrien sait très bien faire pour instrumentaliser la visite et en faire une visite de soutien.