Showing posts with label ethopia. Show all posts
Showing posts with label ethopia. Show all posts

Friday, March 09, 2007

Toujours se méfier...

.. des victoires militaires rapides...

Elles masquent souvent des débacles longues à s'annoncer. En disant cela, vous pensez certainement à l'Irak. Mais c'est un nouveau scénario catastrophe qui s'annonce en Somalie. Tout le monde s'était réjoui (un peu trop vite?) de la débacle des tribunaux islamistes, terrassés par l'armée éthiopienne avec le soutien logistique des américains. C'est en dehors de toute légitimité internationale que se perpétuaient les bombardements américains pour détruire 'les infrastructures terroristes'. A croire qu'on apprend peu de ses erreurs passées..

Que se passe-t-il aujourd'hui? On observe une recrudescence de la guérilla, voir même un début d'insurrection. Les troupes internationales de maintien de la paix sont acceuillis à coup de caillous.

Le gouvernement transitoire tarde à intégrer en son sein l'ensemble des composantes de la société somalienne (que cela fasse plaisir ou non, il est préférable d'avoir les modérés des tribunaux islamistes à l'intérieur du gouvernement que les ultras se lancer dans des attentats). Bref, malheureusement, la stabilité en Somalie n'est pas pour demain.

J'entends les "réalistes" dire ici où là que de toutes façons, on ne peut rien faire dans cette situation inextricable. J'ai la faiblesse de penser qu'un plus fort investissement de la communauté internationale, un soutien plus appuyé au processus de transition est une exigence. Non pas uniquement morale, mais réaliste justement, tant on sait qu'on a besoin de tout sauf d'un nouveau foyer de tensions propres à l'installation de nouveaux camps d'entraînements terroristes. Le problème sur ce sujet est que c'est toujours en prétandant "lutter contre le terrorisme" que les américains l'attisent.

Espérons que nous ne soyons pas complètement entré dans le cercle vicieux de la violence et de la destruction en Somalie. Il est peut-être encore temps de réagir.

Wednesday, February 21, 2007

Une force d'interposition en Somalie

Le 24 décembre, j'écrivais sur ce blog que j'étais en faveur de la mise en place rapide d'une force d'interposition en Somalie, suite à l'offensive éthiopienne. Quelques mois après, les tribunaux islamistes ont été terrassés mais on sait que la situation est extrêmement fragile. L'occupation de la Somalie par des forces étrangères n'est pas tenable. Les bombardements américains sont graves et illégitimes. Dans ce contexte difficile, on ne peut que se féliciter de la mise-en-place d'une force de l'Union Africaine soutenue par l'ONU. L'émergence des tribunaux islamistes a pu aussi s'expliquer par le manque de soutien de la communauté internationale au gouvernement de transition. Espérons donc que les récents évènements aient fait prendre conscience de la nécessité de soutenir plus franchement le processus de transition, nécessitant d'inclure tous les acteurs dans le processus, et non les seuls chefs de guerre.




Wednesday, December 27, 2006

Somalie: divisions au Conseil de sécurité

Discussions au Conseil de Sécurité de l'ONU sur la Somalie (voir mes posts sur le sujet ici). L'enjeu des divisions est l'appel au retrait de toutes les forces étrangères du sol Somalien. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne s'y opposent, prenant clairement le parti de l'Ethiopie. La France demande elle le retrait de toutes les forces étrangères. On ne semble donc pas aller vers une réaction rapide des Nations-Unies. La politique étrangère américaine a ceci d'inquiétant que ses principes peuvent radicalement varier selon là où elles s'appliquent. Le Droit international énonce quelques principes clairs. Et le respect de l'intégrité territoriale en est un.
Pour régler le conflit, les Nations-Unies doivent clairement appeller à un cessez-le-feu immédiat, à un retrait de toutes les troupes étrangères, avec force d'interposition pour faire respecter le cessez-le-feu.

Tuesday, December 26, 2006

Somalie, que disent les résolutions de l'ONU

Suite du dossier Somalie/Ethiopie. Intéressant de voir ce que disent les résolutions de l'ONU adoptées jusqu'à présent. Il serait faux de dire que la communauté internationale est restée complètement silencieuse.

La dernière résolution en date (resolution 1725) date du 6 décembre 2006. Elle appelle au respect de l'intégrité territoriale et à l'unité de la Somalie, réaffirme l'embargo sur les armes et soutient la mise en place d'une "mission de protection et d'observation".
(Le Conseil de Sécurité) décide d’autoriser l’IGAD (autorité intergouvernementale pour le développment, organisation de pays est-africains, nldr) et les États membres de l’Union africaine à établir une mission de protection et de formation en Somalie, que le Conseil de sécurité examinerait, à l’issue d’une période initiale de six mois, après un exposé de l’IGAD, et dont le mandat, fondé sur les éléments pertinents du mandat et du concept d’opérations énoncé dans le plan de déploiement pour l’IGASOM, serait le suivant :
a) Suivre les progrès réalisés par les institutions fédérales de transition et
l’Union des tribunaux islamiques dans l’application des accords issus de leur
dialogue;
b) Assurer la liberté de mouvement et la circulation en toute sécurité de tous
ceux qui prennent part au dialogue;
c) Maintenir et surveiller la sécurité à Baidoa;
d) Protéger les membres des institutions fédérales de transition et du
Gouvernement, ainsi que leurs principales infrastructures;
e) Former les forces de sécurité des institutions fédérales de transition pour
qu’elles soient en mesure d’assurer leur propre sécurité et de contribuer à faciliter le
rétablissement des forces de sécurité nationales somaliennes;
Disons juste qu'au vue de la situation cette "mission de protection et d'observation" semble bien insuffisante au regard des enjeux.

Il semble clair pourtant que l'ONU puisse se donner les moyens d'une intervention plus forte. Dans la résolution 1724 (adoptée le 29 novembre 2006), invoquant la menace pour la paix et la stabilité régionale, les Nations-Unies déclare agir en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unis. Ce Chapitre autorise le recours à la force et ne nécessite pas l'accord des différentes parties en présence. Cette résolution 1724 constitue un levier pour agir. Face à l'entrée en guerre officielle de l'Ethiopie et la menace de djihad régional par les tribunaux islamistes, une nouvelle résolution semble nécessaire allant au-delà de la seule "mission de protection".

Somalie, Ethiopie: suite

Je vous parlais hier du conflit entre la Somalie et l'Ethiopie et de mon souhait de voir une force d'interposition de l'ONU intervenir avant que le conflit n'éclate au niveau régional. Les conditions de la poudrière se multiplient, sous fond de guerre civile somalienne et de soutien des puissances régionales aux deux forces en conflit (L'Ouganda et le Kenya soutiennent au côté de l'Ethiopie le gouvernement de transition ; l'Erythrée, l'Iran, le Soudan les tribunaux islamistes. On parle même du soutien du Hezbollah libanais à ces tribunaux).

Pour mieux comprendre tous ces enjeux, j'ai relu hier un très bon dossier publié par le journal alternatives internationales. "Somalie, vers une guerre régionale" (AI, Décembre 2006, encore en Kiosque). Les enjeux sont complexes et remontent jusqu'à l'indépendance, s'expliquent souvent par l'instrumentalisation des enjeux claniques.

Cela ne me fait pas revenir sur la proposition de force d'interposition de l'ONU même si les conditions d'interventions seront particulièrement périlleuses (on se rappelle du fiasco de l'opération Restore Hope en Somalie en 1991). Mais les prinicipes de base des Nations-Unies peuvent servir de base pour faire tomber la tension. Respect de l'intégralité territoriale de la Somalie. Médiation internationale pour permettre un dialogue national en Somalie. Fin de l'instrumentalisation des groupes mulsulmans éthiopiens par les tribunaux islamistes. C'est sur que vu d'ici cela a l'air simple. Mais la complexité de la situation ne saurait servir de pretexte à l'inaction.

Sunday, December 24, 2006

Une force d'interposition en Somalie!

Cher lecteur assidu de ce blog, permettez-moi tout d'abord de vous souhaitez de joyeuses fêtes. Pour ceux qui croient encore au Père Noël (comme moi), je vous invite à lire cet article scientifique (ou ici) refroidissant certaines de mes illusions. Enfin passons. Si le père Noël existe, je l'inviterai volontiers à se rendre immédiatement en Somalie. L'ONU pourrait lui donner un joli casque bleu. C'est que l'esprit de Noël (ou de fêtes pour ne pas donner de connotations religieuses à ce billet) n'y règne pas vraiment.

Honnetement, et plus sérieusement, il y a de quoi être inquiet. Pour faire vite, la Somalie vie depuis 1991 dans une situation de chaos. Le gouvernement 'légitime' et reconnu comme tel par la communauté internationale est complètement impuissant et a été forcé à l'exil suite aux incessantes batailles entre seigneurs de guerre. Depuis quelques mois, les tribunaux islamistes ont incontestablement pris le dessus et contrôle aujourd'hui 11 régions sur 12. Comme cela s'est déjà vu dans d'autres régions du Monde, ils arrivent, rétablissent l'ordre et obtiennent par ce seul fait le soutien d'une population locale excédée par l'instabilité et la violence. Les tribunaux islamistes ont ensuite toute la marge nécessaire pour mettre en place leur politique de haine.

En face, l'Ethiopie se sent directement menacé par l'arrivée au pouvoir des tribunaux islamistes. Principal soutien international du gouvernement de transition, ils ont tout à perdre avec l'arrivée au pouvoir des islamistes qui sont accusés de soutenir des groupes armés en Ethiopie qui pourrait destabiliser le gouvernement éthiopien. L'armée éthiopienne s'était donc regroupée aux frontières somaliennes, certaines unités s'installant également du côté somalien.

Les tribunaux islamistes n'acceptant pas que l'armée éthiopienne s'installe en territoire somalien et dénonçant les ingérences du voisin, menacent de lancer des offensives militaires. Un ultimatum a été lancé et l'Ethiopie ne l'a pas accepté en maintenant ses troupes sur le territoire somalien. Depuis quelques jours, un pallier a été franchi avec des appels incessants au djihad et à la conquête d'Addis-Adeba. Face aux premières attaques somaliennes, l'armée éthiopienne a avoué aujourd'hui avoir lancé la contre-attaque et les premiers bombardements.

L'Union Africaine craint un enflammement généralisé dans la corne de l'Afrique. Il n'en faut peu pour que l'Erythrée (ennemi juré de l'Ethiopie) entre elle même dans le conflit si celui-ci venait à s'élargir. Le gouvernement de transition en Somalie cherchera également à réagir.

Face à un tel risque d'embrasement, il est nécessaire que les Nations-Unis se saisissent immédiatement du problème. Les médiations internationales doivent se multiplier pour négocier un cessez-le-feu ou une "cessation immédiate des hostilités". Et une force d'interposition de l'ONU semble être le seul moyen d'éviter l'embasement.

Pour l'instant, la communauté internationale est dans une logique attentiste. On va d'abord laisser l'Union Africaine réagir, la guerre s'installer avant de s'indigner et négocier à la va-vite un arrêt des hostilités. Cette crise fournirait pourtant une occasion pour la communauté internationale de montrer sa capacité à anticiper et régler les problèmes avant qu'ils n'aient fait des milliers de morts.