Tuesday, October 31, 2006

Congo, Brésil, Serbie, Bulgarie...

Wikiblog.. comme j'ai pas le temps de commenter les élections dans ces 4 pays, je vous invite à laisser vos commentaires sur l'un ou l'autre de ces pays.. Le blog est ouvert!

Concernant les élections en République Démocratique du Congo, je vous renvoi (avant une analyse plus complète) à l'excellent blog de Colette Braeckman, journaliste au Soir (Belgique).

Pour le Brésil, on prépare un communiqué et lettre de félicitations aux jeunes du PT. Je vous envoi cela dans la journée.

Bulgarie, où le candidat socialiste a gagné contre le candidat ultra-nationaliste. Un 2002 bulgare et je vous inviterai à lire l'analyse de nos camarades du BSY (jeunes Socialistes Bulgares).

Serbie enfin, où une nouvelle constitution a été adopté. Faible participation, et peu d'enthousiasme. Le principal objectif était d'affirmer que le Kosovo faisait partie intégrante de la Serbie (alors qu'on sait que le statut final actuellement en négociation ira dans un sens contraire). Des partis de Gauche (Libéraux-Démocrates, SDU, LSV...) appellaient au boycott.
J'y reviendrais dans les jours prochains, d'autant plus que je serais à Belgrade le week-end prochain, pour une formation de la Fondation Jean Jaures avec les camarades de SDU et toutes les organisations de jeunes socialistes de l'ex-Yougoslavie.

Friday, October 27, 2006

l'Alianza Popular Revolucionaria Americana (APRA), Présentation

Ces quelques jours au Pérou m'ont permis d'en savoir plus sur l'APRA, l'Alliance Populaire pour la Révolution Américaine, parti d'obédience social-démocrate, membre de l'IS et de la IUSY.

L'APRA a été crée le 7 mai 1924. C'est le parti le plus ancien du Pérou. Il a été crée par Víctor Raúl Haya de la Torre. Parler de Haya de la Torre au Pérou, c'est la même mystique que de parler de Jaures chez nous. Présent dans le coeur de tous les militants. Constamment cité dans les discours politiques. Haya de la Torre est partout. Element d'importance: l'APRA a été crée par des jeunes. Haya de la Torre a 29 ans lorsqu'il crée l'APRA. L'APRA appartient à toute cette grande lignée de partis de Gauche sud-américains apparaissant dans la période. Loin des divisions de la gauche européenne de l'époque, la Gauche Latino-Américaine définit sa propre voie.

C'est un ancien du parti de l'APRA qui nous racontait cela lors de notre visite a la casa del pueblo (le siège de l'APRA). En 1927, Haya de la Torre se rend à Bruxelles pour le congrès mondial contre l'impéralisme. Il y fait un discours fondateur définissant les trois points de divergence entre l'Aprisme et le communisme. Le capitalisme est le stade ultime de l'impérialisme et non le contraire pour les pays dans lesquels la production capitaliste n'est pas suffisamment avancé.
"nuestra definición del imperialismo, contraria a la de Lenin, sostiene que el imperialismo es la
etapa inferior del capitalismo en los países retrasados precapitalistas o donde la
producción capitalista no está todavía suficientemente desarrollada."
Autre point central de la théorie de Haya de la Torre et de l'APRA depuis sa création: il ne saurait y avoir de dictature du prolétariat. Toutes les formes de domination sont inacceptables et la révolution ne peut amener avec elle une nouvelle forme de domination. L'APRA prone un front uni des travailleurs manuels et intellectuels, et la Démocratie comme outil. L'unité latino-américaine prend par ailleurs un poids considérable dans les priorités de l'APRA.

Un des slogans principaux de l'APRA: "Pan y Libertad" (Pain et Liberté). Pas de liberté sans pain, pas de pain sans liberté.

L'APRA parcourt le siècle, survit aux dictatures, aux déstabilisations, se relève après les fraudes électorales le privant de la victoire. Les dictateurs péruviens se sont tous prévalus à un moment donné de la mort de l'APRA. Pourtant, "el APRA nunca muere" (L'APRA ne meurt jamais) . L'APRA arrive au pouvoir pour la première fois en 1985 avec l'election d'Alan Garcia. Fujimori qui lui succèdera et présidera le Pérou de manière ultra-autoritaire, se prévalera lui aussi de la mort de l'APRA. En 2006, Alan Garcia est réelu président du Pérou. El APRA nunca muere, scande encore aujourd'hui les militants. Pour vous en donner une idée, je vous propose deux petites vidéos d'un meeting de l'APRA pour les élections locales auquel nous avons participé. Attention, la deuxième, c'est Fikile Mbalula, le président de la IUSY qui s'essaye à l'Espagnol. ce qui est bien avec "el apra nunca muere", c'est que ca marche à tous les coups, j'ai moi même eu l'occasion de l'essayer lorsque j'ai du dire deux mots.


fikileperu
envoyé par remibaz

L'APRA a gardé une structure impressionnante. Le siège de l'APRA, la maison du peuple, est un vrai lieu de vie en plein milieu de Lima. Lieu de formation politique, mais aussi lieu de soin pour les pauvres, coiffeurs, marché, garderie. L'APRA garde la caractéristique de ces grands partis à forte tradition. Une tradition extrêmement forte. Cela se ressent dans les discours où on renvoit constamment aux heures glorieuses de l'Aprisme, aux combats des chefs fondateurs. Lorsqu'on débute une réunion, on se lève et on salue. "APRA, PRESENTE", ca fait froid dans le dos. Surtout si vous voyez le signe. A la fin de la réunion, on se lève et on chante l'hymne de l'APRA. Surprise, on connait bien l'air. Cela s'appelle: "La marseillesa Aprista", c'est l'air de notre Marseillaise nationale avec des paroles révolutionnaires péruviennes. Ca vaut le coup d'oeuil. (voir les paroles ici).

Comme je le disais donc, deux principales expériences gouvernementales: de 1985 à 1990. Alan Garcia est président de la République. Le pays est alors soumis à une gravissime crise économique, avec hyperinflation. Le pays souffre de la crise de la dette qui touche l'ensemble de l'Amérique Latine. Garcia ne sait répondre à la crise, accentué par la violence sectaire du sentier lumineux. La première période gouvernementale de l'APRA n'est guère concluante. En 2006 pourtant, Alan Garcia est réelu dans des élections paradoxales. Un nouveau venu sur la scène politique péruvienne trouble le jeu: Humala et son Parti Nationaliste Péruvien. Proche de Chavez, se revendiquant du mouvement indigéniste, Humala se revendique de la vraie gauche. Difficile à dire pourtant. Son programme est nationaliste, sa logique indigéniste est excluante. Son appel à fusiller tous les homosexuels le rapproche plus des plus réactionnaires que d'une gauche réellement progressiste. Humala obtient 30% au premier tour. Alan Garcia arrive second (25% des voix), quelques milliers de voix devant la candidate de la droite. Avec 52.6% des voix, Alan Garcia est élu au second tour. La priorité: la réduction des inégalités sociales.

Un motif de préoccupation toutefois. La question de la peine de mort. Quelques jours avant notre venue, on apprend que Alan Garcia compte rouvrir le débat de la peine de mort pour les violeurs d'enfants. Rengaine classique et populiste. L'argument massue: 90% des péruviens y sont en faveur. J'ai pu poser pendant la visite la question directement au Premier Ministre Jorge de Castillo. Voici en résumé sa réponse:
- C'était un engagement de campagne d'Alan Garcia (ce qui n'est pas en soit un argument, bien au contraire). Il veut montrer qu'il est prêt à mener le débat. Le niveau de crime et de violence est l'un des plus élevé du monde. (si la peine de mort permettait de régler ce problème, cela se saurait).
- Toutes les décisions dans l'APRA se prennent par consensus (sous-entendu: il n'y aura jamais de consensus sur cette question), j'ai moi-même des doutes sur la question.
- Le Pérou ne veut pas quitter les organismes internationaux (si le Pérou réintroduit la peine de mort, il sera suspendu de la plupart des organisations internationales notamment sud-américaines auquel il appartient. Sous-entendu: nous n'irons pas jusqu'au bout)
- Les députés doivent se saisir de la question. (En ayant discuté avec des députés, ces derniers m'ont confirmé que ce débat était au point mort et que la probabilité qu'il avance est plus qu'improbable). Et la réforme devra être voté par les 2/3 de l'assemblée.
Bref, j'ai le sentiment que cette proposition a été réintroduite dans le débat pour des motifs purement électoraux (élections locales en novembre avec la question du crime qui monopolise le débat) et que, j'espere, cette proposition n'a aucune chance d'aboutir. Il est inacceptable néanmoins de voir des camarades socialistes reprendre à leur compte cette proposition, ne serait-ce qu'à des fins électoralistes. C'est une question de principe. Les socialistes défendent le principe de dignité humaine, impliquant une opposition la plus franche et la plus totale à la peine de mort. Toute volonté de revenir sur le principe absolu de l'abolition doit être fermement condamnée, d'où qu'elle vienne (voir la campagne de l'IS contre la peine de mort).

Pour terminer sur une note plus positive. Je ne résiste pas. Fikile essayant de montrer à la foule en délire le drapeau de la IUSY. Il s'y reprendra par 3 fois.. Dans le bon sens, le drapeau, dans le bon sens..


iusyflag
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Peru Latin IUSY

Thursday, October 26, 2006

Presidium de la IUSY au Pérou (1)


La IUSY tenait son presidium le week-end dernier à Lima. J'essaye de vous en faire un compte-rendu le plus détaillé. Tout d'abord, commençons par un petit mot de bienvenue du camarade Lucho, vice-président de la IUSY pour l'APRA (je reviendrais plus tard sur l'APRA) et coordinateur du comité Amérique Latine. Attention, la vidéo dure 32 secondes (impossible de filmer plus avec mon telephone..).



luchoapra
envoyé par remibaz

Le presidium de la IUSY, c'est l'instance de direction politique. On y discute des actions à mener. On y adopte des résolutions. On essaye d'y faire de la politique. A l'agenda de ce presidium, l'évaluation du festival de la IUSY qui s'est tenu cet été à Alicante, une présentation des plans d'action des différentes campagnes (j'y ai présenté la campagne Rights@work sur le travail décent), le rapport des réseaux thématiques (dont le mien sur les mouvements sociaux et le GPYF) et leurs actions. En gros, pour moi, un principal objectif: la préparation de la mobilisation pour le prochain forum social mondial, qui se tiendra à Nairobi du 20 au 25 Janvier prochain. Le presidium se réunira là-bas, ainsi que le comité Afrique. Les camarades pourront ainsi y participer plus facilement. Deux grands axes: notre travail au sein de l'alliance pour le travail décent (avec 3 conférences organisées par le GPYF et la IUSY) et la question des relations Union Européenne - Afrique avec notamment notre travail avec ActionAid sur la question des accords de partenariats économiques UE-ACP. Objectif rempli de ce côté là puisque le presidium a validé mon travail sur la question.

Autre grande question en débat: le Proche-Orient. La IUSY organisera une visite d'étude au Liban quelques jours avant celle prévue par le MJS.

Du côté des résolutions: le Darfour, le Liban et la Biélorussie. Dans la première, j'ai fait rajouter que le conseil de sécurité devait adopter une nouvelle résolution au plus vite permettant l'envoi d'une firce d'interposition de l'ONU sans accord préalable du gouvernement de Khartoum. Il en va de la crédibilité de la communauté internationale.

Je continue le compte-rendu demain avec une présentation de l'APRA (Alianza Popular Revolucionaria Americana). A venir également un compte-rendu de l'action menée avant mon départ au presidium de la IUSY: l'action du GPYF et d'ActionAid sur les APEs.

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Wednesday, October 25, 2006

Elections en Bulgarie

Premier tour des élections présidentielles bulgares. La Gauche en tête mais l'extrême-droite au deuxième tour. Un 21 avril bulgare, comme l'écrit Yves Formentin. A lire également l'analyse des résultats de l'observatoire des élections de la Fondation Robert Schuman.

Ci-dessous l'analyse de nos camarades Bulgares du BSY (Jeunes Socialistes Bulgares):

PRESIDENTIAL ELECTIONS 2006

The Republic of Bulgaria held its fourth free National Presidential Elections on 22 October 2006.

The main candidates for the mostly figurative office of Head of State, which represents the unity of the nation and serves as commander-in-chief, were:

· The current President Mr. Georgui Parvanov – former leader of the Bulgarian Socialist Party (BSP), who played a crucial role in its transformation into a social democratic party of Western type. Mr. Parvanov’s candidacy for second term was put up by a wide array of political organisations, including the ruling coalition, civil associations and popular individuals from the scientific, cultural, entertainment and sport spheres. Although mostly symbolic, Mr. Parvanov’s candidacy was also supported by a big share of EU politicians and institutions as he was seen as firm supporter of the European course of Bulgaria as opposed to the rhetoric of one of the other candidates – Mr. Volen Siderov.

· Mr. Nedelcho Beronov – experienced and reputable man of law, who ended his career as chairman of the Constitutional Court, but also a political “foreigner”, largely unknown to the general public. Mr. Beronov’s candidacy was put up by a union of right-wing parties – shards of the Union of Democratic Forces (UDF) which governed the country between 1997 and 2001.

· Mr. Volen Siderov – leader of the populist “Ataka” (Attack) party which emerged on the political playground during the 2005 General Elections campaign. However, “Ataka” is also allegedly connected to circles, descendant from the former secret police of the totalitarian regime and under the economic influence of groups, representing Russian interests in Bulgaria. “Ataka’s” messages to the voters combined left and far-left postulates – nationalisation of economic structures, social justice, equality, strong state; as well as far-right notions – strong rhetoric against the Roma and Turkish minorities, solutions to the wide-spread corruption and organised crime which seriously divert from the main principles of the democratic polity. “Ataka” also stands on firm positions against the EU, NATO, as well as against Bulgaria’s relations with the USA.

· Mr. Georgui Markov – right-wing candidate, connected to the past of the UDF, former member of the Constitutional Court.

· General Luben Petrov, the last General of the Armies of the former Bulgarian People’s Army. A former member of the BSP who left because of his anti-NATO and EU-sceptic views, in the current election campaign he tried to attract voters with his patriotic platform aiming at the nostalgic electorate of the left who lost their social status during the transition period.

· Professor Grigor Velev – formerly founder and member of “Ataka”, he left it after a personal conflict with its leader Mr. Volen Siderov. In the election campaign he tried to unite all the nationalist organisations that left the “Ataka” coalition protesting against the authoritarian methods imposed by Mr. Siderov and his retinue.

· Mr. Petar Beron – MP who left the Parliamentary group of “Ataka” shortly before the elections. He employed mainly far-left populist rhetoric along with his pacifist views.


After the vote was conducted and counted the Central Electoral Commission declared that the record-low turnout of 42.51% does not allow Mr. Parvanov, who gathered 64.0% of the vote to be declared winner of the vote. Mr. Parvanov will have to face a run-off against Mr. Volen Siderov who got 21.5%. The right-wing candidate Mr. Nedelcho Beronov attracted only 9.8% of those who voted.


The elections result can be interpreted as firm support for those political circles which argue strongly in favour of European integration and Bulgarian membership in the EU. Disillusionment is the main reason for the low turn-out. Bulgarians are disappointed by the unfulfilled promises of the political class, by the poverty and corruption, and by the recurring dominance of organised crime in
Bulgaria. Another important factor, which influenced the turn-out, was also “the deficit of justice in Bulgarian society” as formulated by Mr. Georgui Parvanov in his statement in the election night when the results were announced.


The biggest loser in the elections was Mr. Nedelcho Beronov and in his person – the traditional right, which for the first time after the fall of communism in 1989 would not have a candidate in the run-off. These results confirm the ongoing crisis in the right and stand to testify that it is deepening instead of coming to an end.


It would not be mistaken to conclude that the presidential elections campaign was marked by the spirit of nationalism. The political platform of the second-placed Mr. Siderov relied heavily on anti-Turkish and anti-Roma sentiments. The two minorities which represent about 10-12% of the population are unjustly used as a scapegoat to curb the feelings of all those who find themselves on the loosing side after sixteen years of political and economic transition. In any case, the presence of ultra-nationalist on the second round of the elections is a dirty stain on the image of
Bulgaria shortly before accession to the EU.


However, the expected victory of Mr. Parvanov in the run-off would consolidate his influence in the political life, as well as the legitimacy of the ruling three-party coalition. Although the Presidential powers are limited and mostly formal, Mr. Parvanov skilfully uses his rights to allocate the high-ranking offices in the law-enforcing institutions in order to maximise his influence outside his mostly representative functions.


One of the crucial events during Mr. Parvanov’s second 5-year term will be Bulgarian accession to the European Union on the turn of the next year.

Working group on foreign policy, European integration and international relations of the National Council of BSY

Catégories: Bulgaria Europe

Génocide Rwandais: la France accusée

Cela devait finir par arriver. La France mise-en-cause dans le génocide rwandais. Pierre Péan va être content.


Catégories: Rwanda Africa Francafrique France

Wednesday, October 18, 2006

Action GPYF et presidium IUSY

Je pars demain. Action GPYF et Action Aid International sur les Accords de Partenariat européens. Maintenant vous devez savoir de quoi il en retourne, ca fait plusieurs jours que j'en parle sur ce blog. On a notamment adopté une résolution au CN du MJS ce week-end là-dessus.

Après départ pour le presidium de la IUSY, à Lima (Pérou) à l'invitation de l'APRA. On devrait rencontrer Alan Garcia, l'occasion pour lui demander des clarifications sur le débat sur la peine de mort qui semble se relancer au Pérou et redire toute notre opposition à toute tentative de remettre en cause le principe absolu de l'abolition de la peine de mort. Une excellente occasion de faire valoir notre idéal socialiste, 25 ans après l'abolition de la peine de mort en France.

Sunday, October 15, 2006

National council of MJS: resolution on EPAs

This week-end, MJS France hold its national council. We adopted by unanimity a resolution on EPAs called "European Partnership aggreements EU-ACP: European Union must change its policy urgentely!" We officially support the GPYF-ActionAid Euro-African Forum on EPAs that will take place next wednesday in Brussels.

See my post on this action.

Friday, October 13, 2006

Amérique Latine, un espoir complexe

J'étais mercredi soir à Nice pour une Assemblée Générale du MJS06 sur la thématique de l'Amérique Latine. Merci aux camarades pour leur invitation. A cette occasion, je vous livre un article écrit il y a quelques mois sur cette thématique: Amérique Latine, un espoir complexe.

Amérique Latine, un espoir complexe

Les évolutions en Amérique Latine sont fondamentales. Elles posent des jalons qui seront cruciaux pour l’avenir de la Gauche au niveau international. La dynamique est réelle. Ce continent a été la principale victime de l’idéologie libérale et les politiques économiques imposées par le FMI aux pays d’Amérique Latine ont accéléré les crises, ont accentué lamentablement les inégalités sociales et économiques. La corruption d’une classe politique largement décrédibilisée finissait de convaincre les peuples de l’exigence de changement. Ces crises sociales à répétition, les politiques d’ajustement structurel n’avait qu’accentuer des fractures pré-existantes au sein des sociétés sud-Américaines. Ces discriminations sociales, culturelles et territoriales héritières de la colonisation et de ce qui en avait suivi. La crise argentine de 2001 marquait cependant un tournant. Jamais l’absurdité d’une politique économique n’avait eu aussi rapidement des conséquences sociales explosives. La révolte du peuple était devenu inéluctable.


Le début des années 2000 marquait donc le début de victoires électorales de la Gauche ou du camp réformiste. Brésil, Argentine, Venezuela, Uruguay, Costa Rica, Chili, et plus récemment Bolivie ou Pérou. Le Mexique a également de bonnes chances de basculer à Gauche. Seule la Colombie fait office d’exception en réélisant largement Uribe, symbole d’une Droite dure, cette situation s’expliquant largement par la situation de violences politiques et de guerre civile.

Une gauche diverse

Ne sous-estimons cependant pas les divergences. Lula au Brésil et Morales en Bolivie viennent du mouvement syndical, leurs partis ne sont pas membres de l’Internationale Socialiste. Kirchner en Argentine est issu du Parti péroniste, le même que Carlos Menem qui avait pourtant mené une politique ultra-libérale il y a quelques années. Chavez au Venezuela est le symbole d’une gauche populiste, parfois autoritaire. Tabaré Vasquez en Uruguay, Michele Bachelet ou Alan Garcia au Pérou représentent une gauche plus traditionnelle, leurs partis sont membres de l’Internationale Socialiste. Ces gauches sont diverses et l’unité de l’Amérique Latine n’ira pas de soit, tant les contradictions sont fortes.


La lutte contre les inégalités, fondement de la gauche sud-américaines

Malgré tout, on retrouve partout des fondements communs. La réduction des inégalités est une priorité pour tous ces gouvernements. Le camp réformiste n’a de toutes façons pas le choix. Les fractures ethniques et sociales héritées de la colonisation se sont accentuées avec la toute-puissance américaine dans la région. Partout sur le continent, quelque soient les outils utilisés, la lutte contre les inégalités qu’elles soient économiques, sociales, territoriales ou culturelles constitue la priorité des gouvernements de Gauche. Lula a été porté par le Mouvement des sans-terres contestant justement une répartition des terres parmi les plus inégalitaires du Monde. La manne pétrolière sert à Chavez à mettre en place des politiques sociales. La lutte contre les inégalités et les discriminations constituaient la priorité de la candidate Bachelet.

Un mouvement social fort

Un des enseignements forts des victoires sud-américaines est que le mouvement social a toujours joué un rôle central dans les mobilisations, les victoires, et les transformations qui en résultèrent. On ne rappelle plus les liens entre le Parti des travailleurs de Lula et le forum social mondial de Porto Allegre. Morales, le « petit frère bolivien », est directement issu du mouvement syndical paysan. Ce sont la révolte populaire qui a poussé Kirchner au gouvernement. Les forces sociales ont du fait de ces situations un rôle particulier à jouer dans les politiques de transformation.


Sortir des dépendances économiques

La question des ressources naturelles prend sur ces questions un relief particulier. La nationalisation du gaz en Bolivie par le nouveau président Evo Morales a fortement marqué les esprits. Elle est le révélateur d’une politique forte et partagée par d’autres gouvernements sud-américains : la volonté de sortir de toute forme de dépendance économique. Le bénéfice de l’exploitation du Gaz bolivien était maximal pour quelques grandes multinationales, qui avaient bénéficié d’une situation politique confuse et du dogmatisme libéral imposant une privatisation rapide. Le pays s’enrichissait mais pas sa population, notamment indienne, victime d’une double discrimination économique et culturelle.

Une lecture trop rapide de ce cas d’exemple assimilerait la politique de Morales à un combat « contre l’impérialisme américain ». N’oublions pas que les premières entreprises propriétaires du gaz bolivien étaient brésiliennes et espagnoles. C’est de toutes les dépendances que souhaitent s’affranchir les progressistes sud-américains, y-compris européenne.


Une politique européenne à revoir

Car par ailleurs, et il faut le regretter, la politique européenne ne s’est guère distinguée de la politique américaine. Les accords bilatéraux de libre-échange avec les Etats-Unis signés par un grand nombre de gouvernements sud-américains n’en finit pas de semer la zizanie entre une gauche dite « sociale-démocrate » et une gauche qui serait plus « radicale ». Ce débat pouvait être relevant s’il existait une réelle alternative et si la coopération commerciale avec l’UE notamment se basait sur d’autres principes. Or, l’Union Européenne a fait pire que cela en matière commerciale, notamment en étant le premier acteur à pousser à la libéralisation des services, y compris public. Cela pour favoriser l’expansion de nos monopoles publics ou privés de services publics, que cela soit EDF pour l’électricité ou Vivendi pour l’Eau. Logiquement, sortir des dépendances fut également la reprise du contrôle public de l’eau ou de l’électricité en Argentine, dénonçant les sous-investissements et les tarifs exorbitants imposés par nos compagnies de « service public » européennes.


Sortir de l’endettement

Sortir des dépendances, c’est également la volonté de mettre fin au problème de la dette qui a emprisonné les peuples sud-américains. Les gouvernements argentins, uruguayens ou brésiliens l’ont bien compris. Dans le cas de l’Amérique Latine, la dette fut le poison qui a permis au FMI, à la Banque Mondiale et aux Etats-Unis d’imposer les politiques libérales, d’austérité sociale qui n’ont fait que renforcer les inégalités. La réappropriation des ressources doit permettre à ces pays de mettre fin à cette dette, dans bien des cas illégitime car concoctée par les dictatures passées. C’est toute la contradiction auxquels doivent par ailleurs faire face les gouvernements. Le cas brésilien est particulièrement criant : satisfaire les besoins sociaux criant ou se sortir d’une dépendance de long-terme. Il faut dégager des moyens toujours plus important. Ou affirmer sa souveraineté en s’accordant le droit de ne pas rembourser provisoirement comme l’a montré l’exemple argentin. Et les pays n’ont d’autres choix que d’utiliser des outils divers pour trouver ses ressources qui permettront de sortir de la dépendance financière : exploitation et réappropriation des ressources naturelles dans les cas vénézueliens et boliviens, politique commerciale tournée vers l’exportation agricole pour le Brésil, mais aussi à moyen-terme stratégie de spécialisations industrielles.

Une nécessaire mais complexe intégration régionale

Cette logique montrera très vite ces limites et il sera urgent de construire de réelles solidarités sud-américaines, une logique de coopération se substituant à la logique de compétition qui n’a cessé d’exister au sein même du sous-continent. La politique commerciale brésilienne ou argentine peut fragiliser les économies de petits pays voisins. La logique vénézuélienne est également porteuse de dangers car créatrices de divisions au sein de la gauche. Au nom de l’anti-impéralisme américain, le Venezuela paye au prix fort son influence, utilisant le pétrole comme une arme politique. Les accords commerciaux avec les Etats-Unis constitueraient un préalable selon Chavez à toute coopération régionale. En posant le débat en ces termes, Chavez enterre l’idée d’intégration régionale. La question est moins celle-là que celle de la nécessité de construire une politique commerciale coordonnée, qui serait alors suffisamment forte pour se défaire de la dépendance américaine, comme l’ont montré le vif débat entre les Etats-Unis et le Brésil sur la question de la zone de libre-échange des Amériques. Au sein de cet ensemble pourront se construire les alternatives.

Car l’intégration régionale ne devra pas être qu’économique. Les pays sud-américains pourront se servir de l’expérience européenne. Si l’intégration économique peut être un déclencheur, il est nécessaire de construire des coopérations sociales, des régulations politiques. D’autant plus nécessaire que les réalités de l’Amérique Latine sont diverses. La Communauté Sud-Américaine des Nations peut servir de base à ces coopérations. Pour l’instant, cette instance créé en décembre 2005 pâtit des confrontations entre alliances sous-régionales (CAN, MERCOSUR, TCP) et les contradictions internes. Poser ces difficultés en terme de crise de leadership régional, d’affrontement idéologique entre Chavez et Lula est réducteur. Il faut saisir les complexités régionales, insister sur la convergence des objectifs politiques. Les moyens différeront. C’est aussi cela qui fait la force de l’expérience sud-américaine, car ces différences permettent d’explorer des voies nouvelles (l’expansion des coopératives, la reprise des entreprises par les travailleurs, les formes d’échanges se substituant au seul commerce marchand…).


Rémi Bazillier

Wednesday, October 11, 2006

GPYF action with Actionaid on EPAs

European Union is renegotiating at the moment the European Partnership aggreements (the former Cotonou aggreements) with ACP countries. The basis of these negotiations is the principle of reciprocity, which will have huge negative consequences on the development of African countries.

In order to sensibilize Socialist MEPs on this problem, the Global Progressive Youth Forum, together with the NGO ActionAid will organize a Euro-African Forum in Brussels on 18th of October. I will publish here soon the finalized program. The day after, the PES Group organizes a conference on the same issue. We will present there a GPYF-ActionAid statement.

To know more on the EPAs:
The report of ActionAid: Why EU-ACP Economic Partnership aggreements poses a threat to Africa Development
The report of Oxfam: Unequal Partners - How EU–ACP Economic Partnership Agreements (EPAs) could harm the development prospects of many of the world’s poorest countries

Monday, October 09, 2006

Razzye Hammadi, président du MJS arrêté par la police

Razzye Hammadi, président du MJS arrêté par la police

lundi 9 octobre 2006

Alors que le Mouvement des jeunes socialistes organisait une conférence de presse suivi d’un spectacle des Yamakasi pour dénoncer et réclamer le retrait de la loi de prévention de la délinquance, son président, Razzye Hammadi a été arrêté par la police.

C’est à l’issue du spectacle des Yamakasi au cours duquel ces hommes araignées sont montés sur un immeuble pour dérouler le drapeau tricolore et affirmer leur attachement à la République que la police est arrivée. Tout se passait pour le mieux jusque là.

Une altercation a alors eu lieu entre un Yamakasi et un groupe de policiers. Razzye Hammadi est intervenu pour tenter d’apaiser les esprits et c’est alors qu’il a été embarqué en même temps que le Yamakasi. Certains journalistes sur place ont été pris à partie par la police alors qu’ils tentaient de filmer la scène.

Le Mouvement des jeunes socialistes réclame la libération immédiate de son président, Razzye Hammadi ainsi que celle du Yamakasi arrêté.

Le Mouvement des jeunes socialistes amplifiera les actions visant à sensibiliser les citoyens sur les risques que fait peser la loi de prévention de la délinquance.

Voir fiche du MJS à ce sujet

Saturday, October 07, 2006

Elections 2007: Pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente

"En finir avec la Françafrique en 2007, c'est un des objectifs de l'implication de SURVIE dans la campagne "2007: Etat d'urgence planétaire". Interpellés, les partis politiques et futurs candidats commencent à réagir. la mobilisation doit se poursuivre en Province. "

C'est ainsi que commence un article de Infocampagnes, le bulletin d'information et de liaison militante de SURVIE. Survie fait un bilan intermédiaire des rencontres avec les partis politiques. Sortir de la Françafrique, c'était une des douze propositions du MJS. Nous avons donc joué un rôle dans la sensibilisation du PS sur la question. Voici le résumé de SURVIE sur le lobbying au niveau du PS:

Le PS:
Le lobbying de Survie vis-à-vis du PS a été très actif depuis un an. Il a notamment été facilité par des invitations émanant de certaines compostantes du parti (courants, individualités ou jeunes du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS)). Des interventions des membres de Survie sur la Françafrique ont eu lieu à l'université d'été du PS de 2005 mais aussi au siège du PS lors d'un rendez-vous organisé par le CRID en mars 2006 et à l'occasion du colloque changer la mondialisation en avril, qui avait pour but de préparer le projet socialiste pour 2007.
A l'issue de ces rencontres, on constate un intérêt croissant de certains socialistes pour la dénonciation de la Françafrique de Chirac avec parfois une reconnaissance du rôle de François Mitterrand. Beaucoup d'entre-eux défendent la réforme de la coopération lançée par le gouvernement Jospin et la doctrine "ni ingérence, ni indifférence" (même si beaucoup de responsables du Parti penchent vraiment pour la seconde option).
Grâce (entre autre) à la pression de militants du MJS, le projet socialiste s'engage à "mettre fin à la France-Afrique". Il convient toutefois de rester vigilant car cette promesse n'est pas nouvelle au PS. A noter les quelques interventions sur l'Afrique de plusieurs candidats à la candidature (Fabius, Hollande, etc).

Friday, October 06, 2006

Elections communales en Belgique: Allez Anke, Brian, et les autres!

C'est dimanche. Elections communales en Belgique. Une petite pensée et un message de soutien à nos amis et camarades du MJS Belge et de ANIMO. Le système belge permet le panachage, ce qui fait qu'on peut être mal placé sur la liste mais remonter si un nombre suffisant de votants vous choisissent directement. La campagne électorale est donc un savant mélange de campagne pour la liste auquel on appartient et de campagne personnelle.
Donc sur son blog, on vote PS (Socialiste Wallon) et SPA (Socialiste Flamand) et en individuel pour Anke Van Lancker (7eme sur la liste de Bruxelles) et Brian Booth (. L'ancienne secrétaire internationale d'ANIMO et l'actuel secrétaire international du MJS Belge (j'adore sa "lettre aux ixellois"). Anke, Brian et les autres, on pensent à vous!

Tuesday, October 03, 2006

La "nouvelle recette miracle" pour les développment du Rwanda?

A lire, cet article de Colette Braeckman, reporter au journal belge Le Soir. La nouvelle stratégie de développement pour le Rwanda: les Fleurs pour l'exportation. Les paysans sont censés détruire leur plantation de bananes en attendant que les graines de fleurs leur soient fournis par le gouvernement. L'article développe très bien les problèmes sociaux, culturels pour la population rwandaise. Quand une politique, qui peut s'avérer judicieuse sur le simple plan économique, peut se révéler désastreuse en prenant en compte les aspects sociaux. La conclusion de Colette Braeckman (dont je vous conseille la lecture régulière de son blog):

Et, comme au Kénya, on verra alors les avions quitter le Rwanda chargés de fleurs tandis que les paysans quitteront leurs terres et les serres des autres pour s’agglutiner dans de nouveaux bidonvilles. Et est-il besoin de souligner, même si de telles considérations sont interdites au Rwanda, que la frustration des paysans pourrait bien prendre une tournure ethnique, que le régime, sans aucun doute, qualifiera alors de divisionniste…

Monday, October 02, 2006

Lula, le deuxième tour

Voici le communiqué rédigé par Yasmina, depuis Sao Paolo où elle représentait le MJS pour faire la campagne auprès des jeunes du PT. Deuxième tour dans un mois.

Dimanche 1 octobre les elections bresilienne.

Malgre les certitude d un seul tour au election bresilienne par les sondages Lula n atteint pas les 50% mais reste en tete avec 49,09% des voix et Geraldo Alckmin du PSDB fait quand a lui 41,09% et la candidate du PSOL, Heloisa Helena 06,85%. Ce resultat conduit le parti des travailleurs au second tour des elections portant un coup au second mandat de Lula.

Les elections se sont deroulé dans un contexte difficile pour le Parti des Travailleurs. Le bilan du president sortant est mitige est fait l objet de nombreuses critiques.

La societe bresilienne connait une forte segmentation des classes sociales. La classe moyenne etant la plus importante dans le jeu politique, elle a eue un role decisif dans ce vote, par un report des voie sur la candidate du PSOL issue des rangs du PT exclue quelques mois auparavant sur la question de la reforme sur la securite sociale.

Lula est en bonne position pour gagner malgre une presse unamine contre le president et l eclactement de scandales qui ont certes contribue a la perte de nombreux soutien notament de la classe moyenne. Mais le programme zero faim et les nombreuses reformes populaires sont des elements de poids pour la victoire de Lula meme au second tour.

En effet la classe populaire est la principale beneficiaire des reformes de Lula pour eradiquer la pauvrete. Les plus pauvres ont vu leurs conditions ameliorer. Le soutien aux principaux mouvements sociaux de sans-terre a travers une reformes agraires et le mouvement des sans-toitS avec la construction et la rehabilitation de milliers de logements dans les grande ville.

Malgre un programme social ambieux la politique economique reste la bete noire du president face la pression de la dette interieur et exterieur le gouvernement Lula a reussi a venir a bout de la dette du FMI et de l inflation des prix qui peser principalement sur les foyer les plus pauvres mais a poursuivi les politiques de rigueurs budgetaire de son predecesseur.

Les futurs chantiers pour la gauche bresilienne sont nombreux, l eradication durable de la pauvrete, la relance de l economie et de l emploi et la massification de l enseignemnt superieur encore reserve a une elite.

La victoire annoncee de Lula au Bresil est un espoir pour la gauche en Amerique Latine mais egalement pour la France et le parti socialiste en 2007.