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Wednesday, July 25, 2007

La France doit changer d'attitute vis-à-vis de Rwanda

Excellente tribune parue ce matin dans Libération: Rwanda-France : l’angle mort par Par Jean- Pierre Chrétien et JEAN-FRANÇOIS DUPAQUIER qui montre bien comment la France s'est isolée par sa politique vis-à-vis du Rwanda, notamment par la réecriture de l'Histoire par le juge Bruguière " qui veut faire des Tutsis les responsables de leurs propres malheurs".

Tuesday, July 03, 2007

Les nouvelles de la Françafrique

Tout d'abord, je trouve sur le site de SURVIE, l'association engagée contre la Françafrique, un dossier résumant bien le rapport de Sarkozy à l'Afrique et les interrogations sur la relève Sarkozy au système Chirac. C'est à lire ici.

Mais l'évènement principal des derniers jours: c'est la transmission des archives de l'Elysée sur le Rwanda. Malgré toutes les chausses-trappes, les diversions juridiques (Bruguière and co.), l'obstruction menée au plus haut niveau de l'Etat, il semble que l'enquête avance. Car les archives relèvent des secrets bien génants pour la France qui, contrairement aux autres puissances occidentales, a toujours refusé de faire son méa-culpa sur ses responsabilités passées. Explosives, les archives. Elles rélèvent ce qu'on pouvait soupsonner depuis longtemps: la France savait, bien avant le génocide, que des massacres de grande ampleur se préparaient. La politique de la France, contrairement aux discours officiels, était malgré tout de maintenir coute que coute au pouvoir le président Hutu. Je vous invite à lire l'article du Monde, journal qui s'est procuré les archives.

Les mots sont durs et amènent une réflexion collective:

"Historiquement, la situation a toujours été périlleuse, dit François Mitterrand lors de ce conseil. Avant l'assassinat du président Habyarimana [dans l'attentat du 6 avril], on ne m'avait pas signalé de drames à l'intérieur du pays."

C'est faux. A partir de la fin de l'année 1990, plus de trois ans avant le déclenchement du génocide, l'Elysée avait reçu des signaux d'alerte diplomatiques et militaires.

Des signaux aussitôt négligés, au nom d'une vision conservatrice façonnée par l'histoire coloniale de la politique africaine de la France. La preuve en est fournie par plusieurs volumes d'archives de l'Elysée transmis au tribunal aux armées, dont Le Monde a eu connaissance.

(...)

Février 1993

"Exactions malheureuses commises par les extrémistes hutus", pour l'Elysée; "programme de purification ethnique ", selon la DGSE
La France avait essayé de faire diversion, utilisant l'opération Turquoise pour laver sa conscience, jetant le trouble sur les responsabilités du FPR dans l'assassinat du président Habyarimana, comme si cela pouvait excuser le génocide minutieusement planifié qui allait suivre. La justice française s'honorera à dresser toutes les responsabilités que les politiques n'ont su assumer dans cette affaire. Les "Blancs menteurs" ne sont pas forcément ceux que M. Péan voulait nous faire croire..

Thursday, December 21, 2006

Le Rwanda et la France

Par manque de temps, je n'ai pas pris le temps de réagir sur ce blog après la mise en examen par le juge Bruguière de 9 proches de Kagamé, le président rwandais, et leur mise en cause dans l'attaque contre l'avion présidentiel qui avait précédé le début du génocide. Bruguière allait plus loin demandant au TPIR et aux Nations-Unies de deferrer Kagamé lui même devant cette juridiction.
La réthorique utilisée par Bruguière n'est pas nouvelle, mais elle est nauséabonde. En accusant le FPR de l'attaque présidentielle, on "excuse" à mots couverts le terrible génocide qui a suivi, puisque "le FPR savait sciemment qu'une telle attaque provoquerai une réaction brutale des Hutus". En disant cela, on oublie que le génocide était planifié depuis longtemps, que le processus génocidaire était déjà à l'oeuvre avec appels à la haine et provocations.
Cette action du juge Bruguière décridibilise par ailleurs notre justice. On sait que le dossier de Bruguière était prêt depuis longtemps. Il servait de couperets et de thermomètre aux relations franco-rwandaises. A chaque révélation du côté rwandais, Bruguière réapparaissait, menaçant de donner le nom des responsables. Faut-il préciser que Bruguière ne s'est jamais rendu au Rwanda? Cette fois, et je ne crois pas au hasard concernant cela, quelques jours avant l'annonce des mises en examen, la France était sur la scellette. C'était tout d'abord la création au Rwanda d'une commission d'enquête sur l'implication de la France dans le Génocide. C'était en France le tribunal des armées qui déclaraient recevables la plainte de rescapés du génocide contre des soldats français. La France n'avait donc d'autres choix que de sortir l'artillerie lourde. Bruguière arrive avec ses gros sabots et essaye de détourner l'attention. Depuis, la France a rappellé son ambassadeur, le Rwanda menace de couper toute relation diplomatique. L'impasse est totale et la France refuse toujours d'assumer ses responsabilités.

Pour y voir plus clair, je vous invite à lire un article de Colette Braeckman, journaliste au Soir, qui revient sur l'attitude de la France et les premiers témoignages à cette commission d'enquête sur l'implication de la France: "Des témoignages accablants pour la France"

Ce regain de tensions entre la France et le Rwanda s'est suivi d'une attitude non moins scandaleuses des médias français, versant parfois dans le négationnisme. Voir la lettre de Thierry Marchal-Beck au médiateur de France 2 sur le traitement scandaleux de cette histoire par la chaîne publique.

Lire enfin le communiqué de SURVIE sur cette affaire