
Donc avant cette réunion ECOSOC, la « société civile » se rassemble, discute et propose des recommandations qui seront ensuite transmises au comité. Mais alors attention la dite « société civile » rassemble beaucoup de gens. De ATD Quart Monde à l’Association chinoise pour la compréhension internationale ( ?). De l’Union Nationale des Travailleurs du Mali au bureau des scouts arabes. CONGO est à l’image de cette diversité. Il s’agit de la « Conférence des NGOs dans une relation consultative avec les Nations Unis ».
Le principe est donc simple : avant le conseil ECOSOC, une version de travail de déclaration finale circule. Nous l’avons à disposition. Il s’agit d’être efficace en proposant des amendements pouvant être intégré dans cette déclaration finale. Le principe est simple mais la mise-en-œuvre un peu plus complexe. On aura passé beaucoup de temps à discuter du processus. On commence donc par une introduction formelle des organisations invitatrices, des représentants du canton de Genève. Une très bonne introduction également de Juan Somavia, le directeur général de l’OIT. Après on rentre dans le vif du sujet et c’est là que c’est plus compliqué. Se réunissent en parallèle 20 ateliers, regroupés dans 6 « clusters ». Dans chaque atelier, un animateur, un rapporteur et 3 à 7 intervenants. Bref, tout le monde a quelque chose à faire et il n’y a finalement que très peu de simples participants aux ateliers. La thématique des ateliers ? Très large, cela va du travail décent et de la croissance économique à l’e-employment. Chaque atelier propose une série de recommandations. Puis les « clusters » se réunissent et synthétisent les recommandations de chaque atelier. La plénière synthétise les recommandations des clusters pour finalement arriver à quelques recommandations clefs à proposer. Comme chacun arrive avec sa proposition, les débats sont parfois laborieux. Ici l’association familiale qui tient à mentionner les associations familiales dans le débat sur le dialogue social alors qu’on parle de travail décent. Ailleurs une ONG spécialisée dans l’énergie qui veut à tout prix que le droit à l’énergie figure parmi les premières propositions. Bref c’est laborieux. Mais l’objectif est là. Deux pages de recommandation par cluster synthétises en plénière.
Au final, il est encore trop tôt pour juger de « l’efficacité » du forum dans l’intégration de changements clefs à la déclaration finale. Pour ma part, j’étais rapporteur dans l’atelier « Labor Standards and Social Protection ». C’est bien d’être rapporteur, puisqu’il nous revient la tache de résumer les discussions. Alors évidemment, il est plus simple de faire remonter les priorités de notre alliance pour le travail décent. C’était d’ailleurs clairement la stratégie. Entre la CISL, SOLIDAR, le GPF et le GPYF, il y en avait beaucoup des ateliers « rapportés » par nous. Pas inutile, tant la diversité des participants et la forte, très forte, présence d’ONG de charité chrétienne pouvait apporter d’autres résultats. Et encore, c’est peut-être pas avec eux qu’on risquait d’avoir le plus de mal. Je me rappelle dans la réunion de notre cluster, ces interventions d’une ONG ‘Droit à l’énergie’ censée militer pour le droit à l’énergie dans les pays en développement. « Après de longues discussions dans leurs ateliers » (sur les services publics), nous ont-ils dit, ils en sont parvenus à la conclusion qu’il était « plus efficace de laisser la gestion de l’accès à l’énergie au secteur privé ». Ben voyons… J’aimerais bien savoir qui se cache derrière cette ONG. Quand la logique du lobbyng imprègne même la « société civile »… Autre exemple : « l’association chinoise pour la reconnaissance internationale » qui arrive avec des recommandations toutes prêtes mettant en avant la création de ‘job opportunities’, de croissance.. mais jamais de conditions de travail. Il a donc fallu rajouter le mot « décent » dès que leur texte parlait de travail… Quand les gouvernements comprennent l’importance d’essayer d’influencer les recommandations « de la société civile ». C’est quand même formidable « la société civile « !
Voici les recommandations de mon atelier sur la protection sociale :
Workshop 3: Labour Standards and Social Protection
· Social Protection is a Human Right recognized by the ILO constitution, the ILO Charter of Philadelphia, and the Universal declaration on Human Rights.
· ILO proposes different conventions related to social protection, the most important one is convention 102 that aims at universal coverage. Additional instruments promoting universal coverage through a defined set of basic benefits and an obligation to increase the level of protection might be needed to reach out to those currently not sufficiently covered by social security.
· Social Protection is one of the pillars of “Decent Work”. It is essential for universal social inclusion and needs to be financed on the basis of solidarity in society.
· The changes in labour relations and patterns of work should not lead to a reduction in the level of social protection and workers’ rights
· Social security transfers are one of the most effective ways of immediate poverty reduction. Both international solidarity and national redistribution systems are needed in order to finance a universal, equal and transparent system of social protection.
· The State has a responsibility to ensure social security provisions either funded by taxes or provided by obligatory social insurance schemes. For the poorest countries, international transfers are necessary.
· Social protection systems and employment policies need to reach the poorest inside societies, very often excluded from these systems. There is a need to evaluate the impact of all policies on the welfare of the poorest.
Catégories : DecentWork Internationalorganizations
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