Tuesday, February 20, 2007

Sarkozy propose de maintenir les "amitiés personnelles" de Chirac

La rupture s'arrête là où commence les intérêts de notre industrie militaire. Lorsque Sarkozy prétend rompre avec la Françafrique de Chirac, on comprend surtout qu'il cherche à construire ses propres réseaux. Ailleurs dans le Monde, la persistance des relations personnelles semble être une priorité pour Sarkozy:

Trouvé dans Libération (lun. 19 fev)
"Armement: Sarkozy veut rassurer les Emirats"
N
icolas Sarkozy a adressé un message aux dirigeants des Emirats Arabes Unis pour rassurer sur l'avenir des relations de la France, a annoncé hier Pierre Lellouche, délégué général de l'UMP pour la défense. "Le souhait de Nicolas Sarkozy (...) est non seulement de maintenir la relation qui avait été nouée entre cheikh Zayed et le président Chirac, mais de la développer encre plus, dans un contexte international et régional devenu très difficile. (...) La permanence des liens va passer la génération suivante". Les Emirats sont l'un des principaux clients de l'industrie d'armement française.
On attend avec impatience le même type de déclaration pour rassurer les Bongo, Sassou, Déby, Bozizé ou Campaoré..

Je ne sais pas vous, mais moi, je préfère lire çà et la réponse du secrétaire général du CCFD aux propositions de Royal sur l'Afrique:

"La réponse de Mme Royal à ma lettre ouverte sur la nécessité d’un changement radical de la politique de la France en Afrique est un signe encourageant d’engagement. Mme Royal se prononce en effet clairement sur plusieurs questions chères au CCFD, qui sont portées, en vue des élections, par la campagne « État d’urgence planétaire, votons pour une France solidaire » : examen par le Parlement des accords de défense liant la France et des pays africains, création d’une délégation parlementaire aux négociations et à la coopération internationales, engagement de faire transiter 5 % de l’aide publique au développement par les ONG, exigence, pour les entreprises exploitant des ressources en Afrique, de déclarer ce qu’elles versent aux autorités de ces pays… Je m’en réjouis bien entendu. Sur plusieurs questions - dette, taxation des transactions financières, règles commerciales mondiales… -, nous attendons des engagements plus précis. Le dialogue va donc se poursuivre, comme c’est le cas avec tous les candidats que nous avons interpellés. La France et tous ses citoyens sortiront grandis de ce débat démocratique sur ses relations avec l’Afrique."

1 comment:

Anonymous said...

Fort utile rappel. Hélas, les questions internationales sont quasi absentes du débat présidentiel même si Ségolène Royal a insisté hier sur l'importance du co-développement.
Oui, il est grand temps d'arrêter de soutenir à bout de bras une floppée de dirigeants corrompus et incompétents, quand ils ne sont pas tout simplement dictateurs, comme l'a fait Chirac pendant ces 2 mandats.
Et il est indispensable de ne plus "piller" les élites de ces pays, comme veut le faire Sarkozy en autorisant les docteurs, les ingénieurs,etc... et eux seuls à venir en France.
Les pays pauvres, africains en premier lieu, ont un besoin vital de garder leurs élites.
Vivement une autre relation avec les pays africains ! Seule la gauche peut permettre ce changement.