Tuesday, June 26, 2007

Palestine, le chaos à Gaza, les responsabilités européennes

Tout d'abord, je vous invite à lire la position de la IUSY sur la crise au Moyen-Orient. Cette résolution a été adoptée suite à des discussions menées au Caire par la secrétaire général de la IUSY qui a été rencontrée les camarades du FATAH Youth (dont le leadership de Gaza est réfugié au Caire) et les militants du PSP libanais.

Le chaos à Gaza amène quelques réflexions notamment sur la politique étrangère de l'Union Européenne, et les responsabilités des différents conseils des ministres de l'UE qui ont sur la question de la Palestine multiplier ce qu'il ne fallait visiblement pas faire. Non que l'UE soit la seule responsable dans la crise: on peut citer le Fatah lui même qui n'a pas su se réformer, les Etats-Unis dont la logique jusque-boutiste de soutien à Israël enlevait toute crédibilité aux médiations internationales, à la politique gouvernementale israélienne dont l'unilatéralisme se paye aujourd'hui au prix fort. Sur les responsabilités des uns et des autres, je vous invite à lire une tribune publiée ce matin dans Libération.

L'Union Européenne a une responsabilité particulière dans la mesure où elle constitue le premier bailleur de l'autorité palestinienne. Comme écrit dans la tribune citée plus haut, l'UE choisit souvent l'activisme humanitaire pour mieux masquer son impuissance politique. Dans la situation, cela s'est transformé en deux problèmes: une Union Européenne incapable de prendre des initiatives politiques lorsque le désengagement de Gaza, puis la guerre au Liban et la mise en place de la FINUL lui donnait de fait une légitimité nouvelle dans la région. Mais grave erreur politique lorsque l'UE a coupé les aides au gouvernement palestinien lorsque le Hamas remporta les élections. Cette ostracisation du Hamas a donnée la pire image aux Palestiniens. Celle d'une instrumentalisation de la Démocratie par les puissances occidentales: utilisée pour justifier le pire lorsque les intérêts occidentaux sont en jeux (Irak), mise de côté en Palestine car le gouvernement élu ne respectait pas les conditions émises par la communauté internationale. Alors bien-sûr qu'ils ne respectaient pas les conditions mais ils fallaient les accompagner dans les évolutions. Le texte des prisonniers, les accords du Caire montraient qu'ils pouvaient en accepter les principes (reconnaissance de fait d'Israël notamment), sans il est vrai l'annoncer explicitment. Par ailleurs, la coupure de l'aide européenne a accéleré le mouvement d'isolation de Gaza, déja axphixié par le blocus de fait imposé par Israël, et la crise sociale et économique profonde qui n'ont fait qu'accentuer le soutien populaire au Hamas.

Aujourd'hui la communauté internationale est prête à relancer l'aide. Au gouvernement de Abbas, replié sur la Cisjordanie. Ce qui ne reglera rien à Gaza. Le putsch du Hamas est évidemment scandaleux et il n'y a pas aujourd'hui d'alternative au soutien à Abbas. Mais la communauté internationale doit s'interroger sur ses erreurs passées, pour éviter à l'avenir le chaos annoncé dans la région.

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