Sunday, December 24, 2006

Une force d'interposition en Somalie!

Cher lecteur assidu de ce blog, permettez-moi tout d'abord de vous souhaitez de joyeuses fêtes. Pour ceux qui croient encore au Père Noël (comme moi), je vous invite à lire cet article scientifique (ou ici) refroidissant certaines de mes illusions. Enfin passons. Si le père Noël existe, je l'inviterai volontiers à se rendre immédiatement en Somalie. L'ONU pourrait lui donner un joli casque bleu. C'est que l'esprit de Noël (ou de fêtes pour ne pas donner de connotations religieuses à ce billet) n'y règne pas vraiment.

Honnetement, et plus sérieusement, il y a de quoi être inquiet. Pour faire vite, la Somalie vie depuis 1991 dans une situation de chaos. Le gouvernement 'légitime' et reconnu comme tel par la communauté internationale est complètement impuissant et a été forcé à l'exil suite aux incessantes batailles entre seigneurs de guerre. Depuis quelques mois, les tribunaux islamistes ont incontestablement pris le dessus et contrôle aujourd'hui 11 régions sur 12. Comme cela s'est déjà vu dans d'autres régions du Monde, ils arrivent, rétablissent l'ordre et obtiennent par ce seul fait le soutien d'une population locale excédée par l'instabilité et la violence. Les tribunaux islamistes ont ensuite toute la marge nécessaire pour mettre en place leur politique de haine.

En face, l'Ethiopie se sent directement menacé par l'arrivée au pouvoir des tribunaux islamistes. Principal soutien international du gouvernement de transition, ils ont tout à perdre avec l'arrivée au pouvoir des islamistes qui sont accusés de soutenir des groupes armés en Ethiopie qui pourrait destabiliser le gouvernement éthiopien. L'armée éthiopienne s'était donc regroupée aux frontières somaliennes, certaines unités s'installant également du côté somalien.

Les tribunaux islamistes n'acceptant pas que l'armée éthiopienne s'installe en territoire somalien et dénonçant les ingérences du voisin, menacent de lancer des offensives militaires. Un ultimatum a été lancé et l'Ethiopie ne l'a pas accepté en maintenant ses troupes sur le territoire somalien. Depuis quelques jours, un pallier a été franchi avec des appels incessants au djihad et à la conquête d'Addis-Adeba. Face aux premières attaques somaliennes, l'armée éthiopienne a avoué aujourd'hui avoir lancé la contre-attaque et les premiers bombardements.

L'Union Africaine craint un enflammement généralisé dans la corne de l'Afrique. Il n'en faut peu pour que l'Erythrée (ennemi juré de l'Ethiopie) entre elle même dans le conflit si celui-ci venait à s'élargir. Le gouvernement de transition en Somalie cherchera également à réagir.

Face à un tel risque d'embrasement, il est nécessaire que les Nations-Unis se saisissent immédiatement du problème. Les médiations internationales doivent se multiplier pour négocier un cessez-le-feu ou une "cessation immédiate des hostilités". Et une force d'interposition de l'ONU semble être le seul moyen d'éviter l'embasement.

Pour l'instant, la communauté internationale est dans une logique attentiste. On va d'abord laisser l'Union Africaine réagir, la guerre s'installer avant de s'indigner et négocier à la va-vite un arrêt des hostilités. Cette crise fournirait pourtant une occasion pour la communauté internationale de montrer sa capacité à anticiper et régler les problèmes avant qu'ils n'aient fait des milliers de morts.

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