Des militaires français sanctionnés pour la "mort suspecte" d'un ivoirien Firmin Mahé. Le général Poncet démis de ses fonctions et d'ors et déjà quatre mises en examen. Il est sain que la justice française se penche sur l'action des militaires et que toute la justice soit faite sur cette sombre histoire. Cela met en avant le rôle parfois trouble de l'armée française, notamment en Afrique. Pour rappel, la force Licorne en Côte d'Ivoire agit, certes avec l'accord des Nations-Unis, mais hors du cadre de celle-ci puisque la force Licorne a un mandat et un commandement distinct de l'ONUCI (la force d'interposition de l'ONU en Côte d'Ivoire).
Il faut également se féliciter du fort traitement médiatique de cette affaire. Pleine page dans Libé aujourd'hui et ca doit être pareil dans les autres journaux. Cependant, je m'interroge. En novembre dernier, au plus haut de la tension entre la Côte d'Ivoire et la France, l'armée française avait tué une soixantaine de civils manifestants en Côte d'Ivoire. Le traitement médiatique avait alors été minime, la presse se concentrant sur les attaques anti-français et les expatriés fuyant la violence. Pourquoi un tel écart? Pourquoi subitement une telle médiatisation? Espérons que cette histoire serve de détonateur et fasse cesser le sentiment de toute-puissance des militaires français en Afrique.
Extrait de Libé«Faites-le transporter à l'hôpital et prenez votre temps.
Vous m'avez compris...» C'est l'ordre qu'aurait donné le général Henri Poncet à
ses subordonnés après l'arrestation par les militaires français de l'Ivoirien
Firmin Mahé, le 13 mai 2005. Le jour même, ce jeune «coupeur de route» (bandit)
avait été blessé à la jambe par balle à la suite de tirs français. L'homme, qui
semait la terreur dans la région, était recherché par les militaires français.
Au cours de son transfert vers l'hôpital de la ville de Man (ouest de la
Côte-d'Ivoire), il a été tué par étouffement à bord d'un véhicule militaire VBL.
Remis à l'hôpital de Man, son corps n'a pas été réclamé par sa famille.
Confronté mercredi à ses hommes au cours de leur garde à vue, le colonel
Eric Burgaud a craqué. Il a reconnu avoir transmis cet ordre après l'avoir reçu
par téléphone de son supérieur, le général Poncet, alors commandant de
l'opération Licorne. «J'ai compris la même chose que tout le monde, c'est-à-dire
que l'idéal était que Mahé arrive mort à Man», a expliqué l'officier aux
policiers de la brigade criminelle. Le général Henri Poncet pourrait donc être
rapidement entendu par la justice.
1 comment:
"Que font nos militaires en Côte d'Ivoire ?"
Du colonialisme post-moderne.
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