Tuesday, January 03, 2006

Chad: Sustainable development and petroleum, an history of a very difficult alchemy

La Banque Mondiale nous présentait le plus beau des projets. Signe que la découverte de pétrole au Tchad allait marquer la fin de la pauvreté et l'enclenchement d'un processus de développement dans ce pays, dirigé d'une main de fer par Idriss Deby. Les ressources générées par les ressources naturelles devaient permettre )à la fois de réduire la pauvreté et garantir le niveau de vie des générations futures. Les règles étaient pourtant clairs : 12,5 % des recettes pétrolières sont versés au Tchad, soit 2,5 milliards de dollars sur vingt-cinq ans. Avec une clé de répartition précise : 10 % seront déposés (soit 35 millions de dollars) sur un compte séquestre à la City Bank à Londres pour les besoins des générations futures. 70 % seront investis dans les secteurs «prioritaires» ­ éducation, santé, accès à l'eau et développement rural ­, tandis que les 15 % restants sont destinés au budget de l'Etat et 5 % à la région productrice.
Seul souci, et de taille. Il est courant que les dictatures ne se soucient guère des générations futures. Comme si la démocratie et le développement durable allait finalement de paire. C'est cet élément, pourtant mis en avant par Amartya Sen, que semble avoir oublié la Banque Mondiale qui joue aujourd'hui les offusqués (voir le communiqué de la Banque Mondiale). Idriss Deby a annoncé la fin du fonds devant assurer le besoin des générations futures, arguant qu'il était plus urgent d'améliorer le sort des générations présentes. Bizarrement, on doute que ces ressources servent même à améliorer le sort des générations présentes. On se demande pourquoi.

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