Continuons notre tour du monde des Mouvements Sociaux. Revenons aujourd'hui sur le mouvement de grêve des étudiants nigériens et sur la mobilisation des lycéens Chiliens.
Au Niger, depuis plusieurs jours, les étudiants de l'université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey, l'unique université du Niger, ont décrété un mot d'ordre "d'agitation permanente" sur le campus pour protester contre la "dégradation des conditions de vie et de travail" ainsi que le versement de plusieurs mois d'arriérés de bourses. Les problèmes sont structurels. La désorganisation du système universitaire est complexe et les étudiants patissent directement du système d'englobement. Prenons un exemple entendu ce matin sur RFI : les bacheliers 2004 inscrits à l'université juste après le baccalauréat. Pour des raisons diverses, l'année scolaire n'a commencé qu'en Mai 2005.. pour terminer conformément au calendrier en juin 2005. Les autorités décident "l'englobement", c'est-à-dire qu'à la rentrée 2005, les étudiants sont tenus de refaire leur première année, en même temps que les bacheliers 2005. Problème : pour renouveller les bourses universitaires versés sur 9 mois, il faut avoir suivi les cours pendant l'année scolaire et passé ses examens... Pas de bourses donc pour les étudiants "englobés". Ubuesque. Les manifestations sont réprimées. Le campus évacué. Plus de 80 blessés.
Au Chili, Michèle Bachelet est confrontée à son premier mouvement social. Les Lycéens, soutenus par leurs profs exigent notamment la gratuité dans les transports en commun, la gratuité des examens d'accès à l'université et l'augmentation du nombre des enseignants. Il faut dire que le système éducatif chilien, directement issu de l'ère Pinochet est l'un des plus inégalitaires du Monde. Toutes les universités sont payantes, comme le baccalauréat. Michèle Bachelet affirme comprendre les revendications lycéennes mais demande du temps. La mobilisation est massive. Près d'un million de jeunes mobilisés. Lors de la première manifestation, la répression fut massive et a choquée. Les Jeunes Socialistes Chiliens se sont fendus d'un communiqué condamnant l'usage excessif de la force. “La violencia de Carabineros ha sido excesiva tanto hacia jóvenes menores de 18 años, como también a personas pertenecientes a medios de comunicación. Es por ello que vamos a emprender acciones legales y políticas. Es inadmisible que haya más represión en democracia que en dictadura” enfatizó Juan-Pablo Pallamar, Presidente de la Juventud Socialista de Chile." Des sanctions ont immédiatement été prises. Le mouvement continue et les camarades jeunes socialistes chiliens se sont joint au mouvement :
"Juan Pablo Pallamar, Presidente de la Juventud Socialista, en nombre de la colectividad comparte las solicitudes del movimiento estudiantil secundario y afirma “ellos han logrado instalar un debate, un planteamiento de fondo con el cual no podríamos no estar de acuerdo. La Ley Orgánica Constitucional de Enseñanza es el último enclave dictatorial que dejó Pinochet y que estableció que la educación era sólo para algunos”. La réforme du système éducatif s'impose comme la première priorité du gouvernement Bachelet, et c'est tant mieux..
Catégories : Socialmovement Chile Latin Niger Africa
Au Niger, depuis plusieurs jours, les étudiants de l'université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey, l'unique université du Niger, ont décrété un mot d'ordre "d'agitation permanente" sur le campus pour protester contre la "dégradation des conditions de vie et de travail" ainsi que le versement de plusieurs mois d'arriérés de bourses. Les problèmes sont structurels. La désorganisation du système universitaire est complexe et les étudiants patissent directement du système d'englobement. Prenons un exemple entendu ce matin sur RFI : les bacheliers 2004 inscrits à l'université juste après le baccalauréat. Pour des raisons diverses, l'année scolaire n'a commencé qu'en Mai 2005.. pour terminer conformément au calendrier en juin 2005. Les autorités décident "l'englobement", c'est-à-dire qu'à la rentrée 2005, les étudiants sont tenus de refaire leur première année, en même temps que les bacheliers 2005. Problème : pour renouveller les bourses universitaires versés sur 9 mois, il faut avoir suivi les cours pendant l'année scolaire et passé ses examens... Pas de bourses donc pour les étudiants "englobés". Ubuesque. Les manifestations sont réprimées. Le campus évacué. Plus de 80 blessés.
Au Chili, Michèle Bachelet est confrontée à son premier mouvement social. Les Lycéens, soutenus par leurs profs exigent notamment la gratuité dans les transports en commun, la gratuité des examens d'accès à l'université et l'augmentation du nombre des enseignants. Il faut dire que le système éducatif chilien, directement issu de l'ère Pinochet est l'un des plus inégalitaires du Monde. Toutes les universités sont payantes, comme le baccalauréat. Michèle Bachelet affirme comprendre les revendications lycéennes mais demande du temps. La mobilisation est massive. Près d'un million de jeunes mobilisés. Lors de la première manifestation, la répression fut massive et a choquée. Les Jeunes Socialistes Chiliens se sont fendus d'un communiqué condamnant l'usage excessif de la force. “La violencia de Carabineros ha sido excesiva tanto hacia jóvenes menores de 18 años, como también a personas pertenecientes a medios de comunicación. Es por ello que vamos a emprender acciones legales y políticas. Es inadmisible que haya más represión en democracia que en dictadura” enfatizó Juan-Pablo Pallamar, Presidente de la Juventud Socialista de Chile." Des sanctions ont immédiatement été prises. Le mouvement continue et les camarades jeunes socialistes chiliens se sont joint au mouvement :
"Juan Pablo Pallamar, Presidente de la Juventud Socialista, en nombre de la colectividad comparte las solicitudes del movimiento estudiantil secundario y afirma “ellos han logrado instalar un debate, un planteamiento de fondo con el cual no podríamos no estar de acuerdo. La Ley Orgánica Constitucional de Enseñanza es el último enclave dictatorial que dejó Pinochet y que estableció que la educación era sólo para algunos”. La réforme du système éducatif s'impose comme la première priorité du gouvernement Bachelet, et c'est tant mieux..
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1 comment:
Il est interressant de remarquer que dans un pays qui a servi de laboratoire ultra-libéral pendant le dictature, les jeunes remettent en cause ce système injuste. Je pense que l'élection de Bachelet à sucité beaucoup d'espoirs chez les chiliens, et qu'ils attendent beaucoup de changement tout de suite.
Un des problèmes majeurs du système éducatif chilien, c'est qu'il est privatisé dans sa totalité et qu'il crée l'inégalité dès le plus jeune age.L'accès à l'éducation supérieure reste réservée aux familles les plus aisées, et peu d'étudiants modestes peuvent accéder à la seule université publique du pays, dont l'entrée est soumise à des notes très élevées.
Chose interressante aussi, c'est de voir que le "Liceo 7", lycée des quartiers chics de Santiago est à la pointe de la mobilisation. Ces jeunes font partie de ceux qui auront la possibilité d'entrer à l'Université. Mais pourtant, ils se battent eux aussi pour plus d'égalité, quitte à ce que leurs familles perdent leur rang de privilégiées... Belle exemple de solidarité...
Enfin, le défi pour le gouvernement va être de réformer l'education, domaine ou les lobbies economico-religieux ont tout à perdre dans l'abolition de la loi de Pinochet. Michelle sera peut etre celle qui restera dans l'histoire du pays comme étant celle qui a éradiqué les dernières traces du fascisme chilien.
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