Le paludisme tue. On en parle beaucoup moins en Europe que le drame du SIDA. Peut-être que parceque le SIDA tue aussi chez nous. Pour le paludisme, "c'est simple, il n'y a qu'à prendre sa Malarone". Certes, mais le paludisme tue 3 millions de personnes par an selon l'OMS. C'est d'autant plus révoltant que les traitements existent. Mais les traitements coutent chers, et il faut pouvoir se les procurer. On paye l'incurie des systèmes de santé, fragilisés par des décennies d'affaiblissement de l'Etat, ajustement structurel oblige.
On apprend aujourd'hui qu'un nouveau traitement (curatif) vient de sortir, l'ASAQ. Un comprimé au lieu de quatre par jour. Un traitement de trois jours pour moins de 1 dollar. Ca ressemble donc à une vraie bonne nouvelle, d'autant que la résistance aux traitements existants se renforçaient.
Sur RFI, j'entends que le nouveau médicament a été crée "grâce à un partenariat public-privé". Alors ça c'est étrange. Je me renseigne.
Update! 18h15. Comme quoi l'espoir ouvert par ce nouveau médicament anti-palu devait vite être refroidie. Dans une autre région du Monde, en Inde, c'est Novartis qui bloque la production de génériques antirétroviraux pour soigner les malades du sida.
Comme le dit Rony Brauman dans sa chronique dans Alternatives Internationales, "La pharmaceutique doit renoncer à bloquer la fabrication en Inde de médicaments génériques de deuxième génération pour soigner les malades du SIDA.".
Signez la pétition d'Oxfam et interpeller le directeur de Novartis.
On apprend aujourd'hui qu'un nouveau traitement (curatif) vient de sortir, l'ASAQ. Un comprimé au lieu de quatre par jour. Un traitement de trois jours pour moins de 1 dollar. Ca ressemble donc à une vraie bonne nouvelle, d'autant que la résistance aux traitements existants se renforçaient.
Sur RFI, j'entends que le nouveau médicament a été crée "grâce à un partenariat public-privé". Alors ça c'est étrange. Je me renseigne.
Ce médicament est lancé par la fondation Drugs for neglected diseases (*), «Initiative médicaments pour les maladies négligées» (DNDi) , en partenariat avec le laboratoire pharmaceutique Sanofi-Aventis. Ce laboratoire, qui a développé la production à l’échelle industrielle, a renoncé à ses droits de propriété intellectuelle. Le médicament n’étant pas couvert par un brevet, les pays directement concernés pourront donc, ainsi, satisfaire les soins primaires de la population en commercialisant le produit au prix coûtant.C'est vrai que la paludisme n'a jamais intéressé les laboratoires pharmaceutiques. Cela pose de vrais questions de fond. La fondation DND ne pouvait généralement se passer de Sanofi-Aventis pour la production à grande échelle. Mais Sanofi-Aventis ne l'aurait certainement pas fait sans financement public. Les financements publics viennent essentiellement de l'Union Européenne, de la Suisse de l'Italie. C'est aussi Médecins sans frontières qui s'est beaucoup engagé pour que cette fondation pour les maladies négligées voient le jour. Le fait que Sanofi renonce à son brevet constitue pour tous les militants de la santé pour tous une réelle avancée. Le financement public apparaît ici comme incontournable. La responsabilité du secteur privé a montré toutes ses limites. Je doute cependant que la politique de Sanofi sur cette question ne soit que pure altruisme, il faudra veilleur que ce financement public ne serve au final à assurer et garantir le profit de l'industrie pharmaceutique. Mais ça ouvre un vrai débat: quel financement pour la recherche pharmaceutique? Quelle place pour l'Etat? pour la communauté internationale? pour les ONG? Qui fixe les priorités?
Update! 18h15. Comme quoi l'espoir ouvert par ce nouveau médicament anti-palu devait vite être refroidie. Dans une autre région du Monde, en Inde, c'est Novartis qui bloque la production de génériques antirétroviraux pour soigner les malades du sida.
Comme le dit Rony Brauman dans sa chronique dans Alternatives Internationales, "La pharmaceutique doit renoncer à bloquer la fabrication en Inde de médicaments génériques de deuxième génération pour soigner les malades du SIDA.".
Signez la pétition d'Oxfam et interpeller le directeur de Novartis.
1 comment:
A noter que ce médicament est fabriqué au Maroc, dans une usine de Sanofis, qui a une capacité de 18 millions de traitements (par an) ce qui est environ 10 fois moins que le minimum nécessaire pour couvrir l'Afrique.
Il faudrait donc créer 10 usines de ce type, car le médicament est curatif et non préventif.
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