"Les Africains ne sont pas murs pour la Démocratie", cette phrase de Chirac prononcée en 1988 montrait bien tout le mépris de l'ancienne puissance coloniale pour les démocrates en Afrique. C'était vite oublier toutes les tentatives de déstabilisation venant de la France pour les jeunes démocraties, tous les dictateurs soutenus à bout de bras, militairement, politiquement et financièrement. En 1990, vient le sommet de La Baule et la doctrine de Mitterrand qui conditionne l'aide au respect de la Démocratie. Mais la rupture n'a souvent été que de facade, la France soutenant les fraudes électorales.
Quand des expériences démocratiques authentiques se passent en Afrique, on se réjouit que les Africains donnent torts aux puissances occidentales. Il est d'ailleurs très révélateur que souvent, ces évolutions se passent malgré les critiques des occidentaux, la France étant toujours prompte à condamner "la rupture du processus démocratique" lorsque des "dictateurs-démocrates" soutenus par la France sont déposés par leur peuple. C'est ce qui vient de se passer en Mauritanie.
En 2005, les militaires prennent le pouvoir déposant Ould Taya, un militaire ayant pris le pouvoir par un coup d'Etat en 1984, converti en "démocrate à la mode de la Beaule" gagnant les élections en 92 et 97 grâce à un habile processus de fraudes. Le nouvel homme fort est le colonel Ely Ould Mohamed Vall qui annonce d'entrée sa volonté de mener la Mauritanie à la Démocratie et refusant toute ambition politique.
Le processus est aujourd'hui mené à terme avec l'élection au deuxième tour de l'élection présidentielle de Sidi Ould Cheikh Abdallahi avec 53% des suffrages. Son concurrent Ahmed Ould Daddah a reconnu sa défaite. Ces élections auront été les plus libres de l'histoire de la Mauritanie, avec débats télévisés et radiophoniques entre les deux tours et la neutralité affichée de la junte militaire (même si certains les ont accusé d'être proches du candidat élu).
Soyons clair, Sidi Ould Cheick Abdallahi n'était pas notre candidat. Ancien ministre, il était soutenu par les anciens caciques du régime. Ould Daddah, dont le parti est observateur à l'Internationale Socialiste, représentait l'opposition au régime sortant, ayant passé de nombreuses années en exil ou en prison, victime de la répression politique. Il représentait le réel changement mais les mauritaniens en ont jugé autrement. Mais ce n'est pas le plus important. Grâce à ce processus démocratique réel, les mauritaniens ont aujourd'hui les moyens de s'assurer les voies de leur propre développement, entrant de plein pied dans une démocratie moderne.
J'écoutais ce matin Ely Ould Mohamed Vall qui était interviewé sur RFI. Son calme m'impressionna. Il était surpris qu'on puisse lui poser la question s'il ne craignait pas des troubles avec un pays divisé en deux du fait d'un résultat serré aux élections. Il répondait calmement: "Est-ce qu'on se pose cette question lorsqu'en France un candidat gagne les élections présidentielles avec le même score? Non. Cela montre juste que les élections ont été libres et démocratiques et ont permi un réel débat". La question était méprisante. La réponse était digne.
Quand des expériences démocratiques authentiques se passent en Afrique, on se réjouit que les Africains donnent torts aux puissances occidentales. Il est d'ailleurs très révélateur que souvent, ces évolutions se passent malgré les critiques des occidentaux, la France étant toujours prompte à condamner "la rupture du processus démocratique" lorsque des "dictateurs-démocrates" soutenus par la France sont déposés par leur peuple. C'est ce qui vient de se passer en Mauritanie.
En 2005, les militaires prennent le pouvoir déposant Ould Taya, un militaire ayant pris le pouvoir par un coup d'Etat en 1984, converti en "démocrate à la mode de la Beaule" gagnant les élections en 92 et 97 grâce à un habile processus de fraudes. Le nouvel homme fort est le colonel Ely Ould Mohamed Vall qui annonce d'entrée sa volonté de mener la Mauritanie à la Démocratie et refusant toute ambition politique.
Le processus est aujourd'hui mené à terme avec l'élection au deuxième tour de l'élection présidentielle de Sidi Ould Cheikh Abdallahi avec 53% des suffrages. Son concurrent Ahmed Ould Daddah a reconnu sa défaite. Ces élections auront été les plus libres de l'histoire de la Mauritanie, avec débats télévisés et radiophoniques entre les deux tours et la neutralité affichée de la junte militaire (même si certains les ont accusé d'être proches du candidat élu).
Soyons clair, Sidi Ould Cheick Abdallahi n'était pas notre candidat. Ancien ministre, il était soutenu par les anciens caciques du régime. Ould Daddah, dont le parti est observateur à l'Internationale Socialiste, représentait l'opposition au régime sortant, ayant passé de nombreuses années en exil ou en prison, victime de la répression politique. Il représentait le réel changement mais les mauritaniens en ont jugé autrement. Mais ce n'est pas le plus important. Grâce à ce processus démocratique réel, les mauritaniens ont aujourd'hui les moyens de s'assurer les voies de leur propre développement, entrant de plein pied dans une démocratie moderne.
J'écoutais ce matin Ely Ould Mohamed Vall qui était interviewé sur RFI. Son calme m'impressionna. Il était surpris qu'on puisse lui poser la question s'il ne craignait pas des troubles avec un pays divisé en deux du fait d'un résultat serré aux élections. Il répondait calmement: "Est-ce qu'on se pose cette question lorsqu'en France un candidat gagne les élections présidentielles avec le même score? Non. Cela montre juste que les élections ont été libres et démocratiques et ont permi un réel débat". La question était méprisante. La réponse était digne.
1 comment:
Il est vrai que le candidat élu n'est pas issu de notre famille politique mais ne boudons pas notre plaisir...ce n'est qu'une étape mais c'est une excellente nouvelle.
Bien des choses avancent en Afrique, pour une fois que nous pouvons nous féliciter, profitons-en. Les discours fatalistes n'ont plus leur place, en espérant que certains en prennent conscience...
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