Dimanche 2 Juillet se tiennent les élections présidentielles au Mexique. Le MJS tient à apporter tout son soutien à Andres Manuel Lopez Obrador, candidat du PRD, et à l’organisation de jeunesse du PRD, membre de l’Internationale des Jeunes Socialistes (IUSY). Après 5 années d’un gouvernement conservateur, néo-libéral et va-t-en guerre, le Mexique a besoin d’une régénérescence sociale, et une politique active contre la pauvreté et les inégalités. La Gauche a une opportunité historique pour gouverner le Mexique pour la première fois de son histoire.
Nous vous proposons un article de Pavel Melendez Cruz, conseiller national jeune du PRD, qui résume bien les enjeux de cette élection.
Mexique : L’alternative à Gauche et la consolidation démocratique
Par Pavel Melendez Cruz, conseiller national jeune du PRD
Le 2 Juillet prochain, auront lieu les premières élections depuis le changement de régime au Mexique. Les élections de 2000 avaient en effet était marquées par la fin de 71 ans de gouvernements autoritaires du Parti Révolutionnaire institutionnel (PRI).
Les prochaines élections générales ont été marquée par l’interférence très forte du parti gouvernant et conservateur, le Parti de l’Action Nationale (PAN) qui au cours des cinq ans de pouvoir n’a pas permis les changements promis pendant la campagne électorale de Vincente Fox, persistant dans le mensonge depuis son arrivée au pouvoir.
L’alternance du pouvoir exécutif devait permettre une restructuration de la politique au Mexique, où la figure présidentielle devait laisser son rôle prédominant au congrès. Cela ne fut pas le cas. Toute l’argumentation du PAN et de ses idéologues a causé la pire étape de la démocratie naissante mexicaine, par manque d’expérience et de savoir faire pour résoudre les conflits sociaux et syndicaux. Cela a conduit à une perte de confiance inédite entre le gouvernement et les autres acteurs de la vie publique.
Dans ce contexte, l’alternance de 2000 ne fut que superficielle. La politique économique de rigueur imposée par la Banque Mondiale et le FMI est celle qui a dicté la politique du gouvernement. Cela a entraîné une croissance faible (2.7% contre 7% promis).
Le gouvernement du PAN n’a pas permis de trouver une solution au conflit armé au Chiapas, alors que Fox avait promis pendant la campagne de le résoudre « en 15 minutes ». Il n’a pas crée d’emplois. Au contraire un nombre croissant de mexicains ont migré aux Etats-Unis (15 millions de mexicains vivent aujourd’hui aux Etats-Unis. De plus, il n’y eu pas de combat frontal contre la pauvreté. Le nombre de personnes vivant avec moins de 1 dollar par jours a augmenté de 45 millions.
De manière extrême, le PAN et sa politique extérieure ont décrédibilisé le Mexique, au détriment du leadership et de l’autorité morale obtenue en Amérique Latine au cours des années antérieures. Le gouvernement conservateur a eu une attitude soumise devant le « Républicanisme de guerre » des Etats-Unis. Il s’est impliqué de manière inutile dans des conflits internationaux, comme dans le cas du conflit diplomatique avec notre voisin cubain.
L’échec d’un gouvernement irresponsable et le manque de clairvoyance du candidat officiel ont conduit les conservateurs à orchestrer une « élection d’Etat » dans lesquelles les conditions d’élections justes et équitables seront moins remplies qu’en 2000, quand le PAN alors dans l’opposition dénonçait l’implication du PRI dans le processus électoral.
La Gauche au Mexique a réussi une large convergence des grands secteurs sociaux. Aujourd’hui, elle a une réelle chance de gagner les élections et de gouverner les 103 millions de mexicains. Cela est nécessaire pour que ce pays s’intéresse au sort des plus pauvres et soit équitable dans la répartition des richesses, que le développement soit mis au service du bien commun. Cela est possible aujourd’hui comme cela le fut en 1988 lorsque les mexicains répondirent au mouvement démocratique de Gauche mené par Cuauhtémoc Cardenas, candidat à l’élection présidentielle d’une coalition opposée au PRI. Cela marquait le début de l’ouverture démocratique. La défaite de Cardenas s’expliquant alors par une fraude électorale sans précédent.
Le candidat de la Gauche, Andrés Manuel Lopez Obrador (AMLO) a réalisé une campagne « au niveau de la terre, discutant avec le peuple, s’engageant de régions en régions dans les 31 Etats et le district fédéral sur un « projet alternatif de Nation ».
Lopez Obrador a réussi à lever l’espérance de milliers de mexicains sur un nouveau projet, se basant sur son expérience et ses bons résultats comme chef de gouvernement du district fédéral (Mexico City). En tant que maire de Mexico, il s’est engagé sur des grands travaux publics et de programmes sociaux qui l’ont rendu très populaire, bien avant la campagne électorale.
La popularité de Andrés Manuel gênait tellement la droite conservatrice que celle-ci a essayé de l’écarter de l’élection en l’inculpant d’un délit mineur devant le permettre de le démettre de ses droits civiques. Cette décision provoqua la mobilisation la plus grande de l’histoire politique du Mexique, plus de un million de personnes manifestèrent dans la capitale du pays. Cela provoqua la démission du procureur général et le retrait de Fox sur la base de manque de preuves juridiques.
Les conservateurs ont alors lancé une grande offensive dans les médias de communication pour attaquer de manière infâme le candidat de la gauche. Utilisant la publicité à outrance, la droite conservatrice tenta de faire passer l’idée que le candidat de la gauche représente un « danger pour le Mexique », insultant de fait l’intelligence de milliers de mexicains qui portent leurs espérances dans un vrai changement démocratique.
Le 2 Juillet prochain, se joue le futur de la Démocratie au Mexique, d’une réelle alternance de pouvoir, de consolidation de notre nouveau régime et des institutions garantes de la démocratie.
L’espoir représenté par Lopez Obrador a reçu un fort écho dans les classes populaires tout en inquiétant les élites. Ces dernières jouent sur la peur affirmant que la victoire de la Gauche signifiera la fin des investissements étrangers, la fuite des capitaux. Tout ce qui peut nuire à AMLO a été constamment utilisé. La campagne conservatrice s’est d’ailleurs essentiellement basée sur cela. Leurs propositions sont d’un très faible niveau et restent extrêmement vagues.
La gauche, par une politique de transparence, est à même d’éliminer la corruption dans le pays, de faire en sorte que l’argent public produise des résultats pour la majorité des citoyens, de créer un climat de confiance pour les investissements, de synchroniser un développement favorable à l’emploi. Cela veut dire un gouvernement au service du peuple, en éliminant les privilèges des puissants qui profitent aujourd’hui du pouvoir corrompu.
Un peuple bien gouverné peut sortir du sous-développement, en générant la confiance internationale, en conjuguant son rôle respectueux de l’ordre mondial avec le respect mutuel et responsable avec notre voisin du nord, les Etats-Unis ; en créant la confiance avec l’Union Européenne dans un échange fructueux et juste. Le Mexique peut être un exemple en Amérique Latine de la coopération culturelle, commerciale, permettant à la région de sortir du retard économique et social.
Le Mexique du XXIeme siècle nécessite de nouveaux leaders, qui réalisent un changement structurel de notre modèle social, économique et politique, qui créent de l’emploi, qui combattent la pauvreté de manière efficace et qui assument leur rôle dans un monde en changement, dans un pays comme le notre qui est un des plus inégalitaire du Monde.
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