Tuesday, March 27, 2007

Mauritanie: la preuve par 10..

"Les Africains ne sont pas murs pour la Démocratie", cette phrase de Chirac prononcée en 1988 montrait bien tout le mépris de l'ancienne puissance coloniale pour les démocrates en Afrique. C'était vite oublier toutes les tentatives de déstabilisation venant de la France pour les jeunes démocraties, tous les dictateurs soutenus à bout de bras, militairement, politiquement et financièrement. En 1990, vient le sommet de La Baule et la doctrine de Mitterrand qui conditionne l'aide au respect de la Démocratie. Mais la rupture n'a souvent été que de facade, la France soutenant les fraudes électorales.

Quand des expériences démocratiques authentiques se passent en Afrique, on se réjouit que les Africains donnent torts aux puissances occidentales. Il est d'ailleurs très révélateur que souvent, ces évolutions se passent malgré les critiques des occidentaux, la France étant toujours prompte à condamner "la rupture du processus démocratique" lorsque des "dictateurs-démocrates" soutenus par la France sont déposés par leur peuple. C'est ce qui vient de se passer en Mauritanie.

En 2005, les militaires prennent le pouvoir déposant Ould Taya, un militaire ayant pris le pouvoir par un coup d'Etat en 1984, converti en "démocrate à la mode de la Beaule" gagnant les élections en 92 et 97 grâce à un habile processus de fraudes. Le nouvel homme fort est le colonel Ely Ould Mohamed Vall qui annonce d'entrée sa volonté de mener la Mauritanie à la Démocratie et refusant toute ambition politique.

Le processus est aujourd'hui mené à terme avec l'élection au deuxième tour de l'élection présidentielle de Sidi Ould Cheikh Abdallahi avec 53% des suffrages. Son concurrent Ahmed Ould Daddah a reconnu sa défaite. Ces élections auront été les plus libres de l'histoire de la Mauritanie, avec débats télévisés et radiophoniques entre les deux tours et la neutralité affichée de la junte militaire (même si certains les ont accusé d'être proches du candidat élu).

Soyons clair, Sidi Ould Cheick Abdallahi n'était pas notre candidat. Ancien ministre, il était soutenu par les anciens caciques du régime. Ould Daddah, dont le parti est observateur à l'Internationale Socialiste, représentait l'opposition au régime sortant, ayant passé de nombreuses années en exil ou en prison, victime de la répression politique. Il représentait le réel changement mais les mauritaniens en ont jugé autrement. Mais ce n'est pas le plus important. Grâce à ce processus démocratique réel, les mauritaniens ont aujourd'hui les moyens de s'assurer les voies de leur propre développement, entrant de plein pied dans une démocratie moderne.

J'écoutais ce matin Ely Ould Mohamed Vall qui était interviewé sur RFI. Son calme m'impressionna. Il était surpris qu'on puisse lui poser la question s'il ne craignait pas des troubles avec un pays divisé en deux du fait d'un résultat serré aux élections. Il répondait calmement: "Est-ce qu'on se pose cette question lorsqu'en France un candidat gagne les élections présidentielles avec le même score? Non. Cela montre juste que les élections ont été libres et démocratiques et ont permi un réel débat". La question était méprisante. La réponse était digne.

Tuesday, March 20, 2007

L'indépendance, seule solution viable pour le Kosovo

Selon Le Monde, le rapport Ahtisarri transmis au conseil de sécurité de l'ONU parlerait pour la première fois "d'indépendance sous supervision internationale". On voit mal en effet comment cela pourrait en être autrement, le Kosovo étant depuis 1999 de fait séparé de la Serbie et 90% de la population refusant tout rattachement à ce pays là. Terrible constat cependant que cette indépendance devra être imposée par la communauté internationale, la majorité de la classe politique serbe refusant tout compromis sur cette question difficile. Je discutais ce week-end avec le camarade Nénad, secrétaire du SDU (Social Democratic Union) sur cette possibilité. Plusieurs problèmes se posent:
  • La Serbie a adopté à la fin de l'année dernière une constitution à la va-vite proclamant que "le Kosovo faisait partie intégrante de la Serbie". Cette initiative visait à couper l'herbe sous le pied des radicaux (extrême-droite). Quelle inconséquence! (1) Les radicaux ont quand même gagné les élections, (2) les partis "démocratiques" se sont enfermés dans une impasse sur le Kosovo dont ils devront payer le prix à terme.
  • Histoire d'insister encore plus, le Parlement serbe a adopté à une énorme majorité une résolution refusant tout compromis sur la question kosovars, réinsistant que le fait que toute négociation menant à l'indépendance entrainera un refus de principe, voirs des mesures de rétorsions.
  • Kostunica (premier ministre sortant, droite) et Tadjic (président, Parti Démocratique) semblent être prêts à la politique du pire en suscitant la montée des revendications indépendantistes en Republica Serbska (entité serbe crée en Bosnie après la guerre et suite aux accords de Dayton).
En Serbie, seule la coalition Parti Libéral-Démocrate / Alliance Civique / Union Social-Démocrate / Ligue de Voïvodine a clairement affirmée son acceptation de l'indépendance. Le Parti démocrate est prêt à discuter avec eux pour former le gouvernement, pouvant ouvrir la voie à une discussion sur la Serbie. Mais le gouvernement ne pourra se faire sans l'appui (voir la direction) du parti de Kostunica qui avait annoncé qu'il menaçait de rompre les relations diplomatiques avec tous les pays qui reconnaîtront un Kosovo indépendant. Les négociations sur le gouvernement doivent se terminer fin avril au plus tard et il est certain que la question du Kosovo risque fort de mettre du piment dans les négociations.

La Serbie peut par ailleurs compter sur le soutien sans faille de la Russie au Conseil de Sécurité. Bref, la question est loin d'être réglée. Cela empêche pourtant à la Serbie d'avancer, de tourner le dos une fois pour toute au nationalisme, de se pencher sur les enjeux économiques et sociaux qui méritent d'être traités. Et çà, c'est bien dommage..

Mais à quoi sert la Francophonie?

C'est la journée internationale de la Francophonie aujourd'hui. Au-delà de la nécessaire défense de la diversité linguistique, il est nécessaire de s'interroger sur l'utilité politique de défendre en tant que concept politique une communauté de valeurs se définissant par le simple partage d'une langue commune.

Soyons clair, le débat n'est pas clair. Lorsqu'on entend un responsable politique défendre la francophonie, on comprend souvent mal à quoi il fait référence. Alors quoi, la francophonie: un espace de solidarité? Des valeurs politiques partagées? un espace de promotion de la diversité culturelle? Ou un simple ensemble culturel?

La Francophonie, espace de solidarité?
Il faut rester lucide, la Francophonie s'est construite par les vagues successives de colonisation. Lorsqu'on pense aux pays francophones, on pense d'abord aux anciennes colonies d'Afrique. La promotion ne serait alors qu'une forme moderne pour défendre et promouvoir le "bilan positif de la colonisation". Les termes sont durs mais la réalité cruelle. La moitié des pays les plus pauvres (PMA) sont francophones. Les ambassades françaises sont réputées pour leur difficulté à y obtenir un visa, surtout dans les pays francophones. Pas de vision partagée sur l'immigration. Cela reste le chacun pour toi malgré la posture de la France dans les institutions internationales de "meilleure défenseur de l'Afrique"..

Des valeurs politiques partagées?
C'est un sempiternel débat, une éternelle illusion. Du Quebec, au Liban, du Tchad à la Roumanie, la Francophonie serait à même de défendre une vision commune du Monde. On peut être sceptique. Au moment de la guerre de Juillet au Liban, l'Organisation Internationale de la Francophonie avait tenté de prendre une position commune. Le Liban étant par ailleurs un membre de l'Organisation. Résultat: peu convaincant, à peine meilleur que celui du G8 du fait de l'opposition du Canada.
On pourrait espérer que cet espace soit un espace de promotion universelle de la Démocratie. La déclaration de Bamako ne dit-elle pas que tout membre de la francophonie qui ne respecte pas les droits humains peut voir son adhésion suspendue? Malheureusement, sur ce sujet, c'est un peu le syndrome de La Baule (et de la relation françafricaine) qui revient au galop. La Démocratie on la proclame, mais le soutien n'est qu'incantatoire. Des exemples? Le Tchad, le Gabon, le Burkina Faso, c'est des Démocraties pour vous?
La France a par contre su utiliser cette force pour garder une certaine influence dans les organisations internationales. Mais cela ne peut tout justifier.

Un espace de promotion de la Diversité culturelle?
N'oublions pas d'une part que le Français s'est d'abord substitué aux langues locales, au fil des différentes colonisations. L'expansion de la Francophonie a donc joué contre cette diversité culturelle qu'on cherche aujour'hui à défendre.
Les français ne comprendront jamais pourquoi la langue française n'est pas devenue la langue dominante en lieu et place de l'Anglais. C'est pourquoi nous défendons aujourd'hui la diversité culturelle. Soyons honnête. ;-)

Mais il s'agit pour moi effectivement d'un des seuls atouts de la Francophonie aujourd'hui. La promotion de la diversité culturelle et linguistique est un combat sincère et réel de l'OIF. Elle a permis l'adoption d'une convention aux Nations-Unis pour la diversité culturelle. Ce n'est pas le français au détriment des autres langues, c'est la promotion de toutes les langues, parcequ'elles portent en elles des richesses culturelles que la traduction ne saurait transmettre. Elles sont le fondement des échanges entre les peuples.

Soyons clair, je ne suis pas contre la Francophonie comme principe culturel. Je suis contre l'utilisation politique abusive qui peut en être faite. Et cela joue souvent d'ailleurs contre l'influence culturelle et linguistique.

Thursday, March 15, 2007

Pourquoi j'ai décidé...

... de vous présenter cette initiative "Caféco"

L'initiative est lançée par des doctorants ou de jeunes chercheurs de mon l'université Paris 1, j'ai participé aux discussions qui ont abouti à sa création. L'idée basique est "de remettre l'économie dans les cafés".

"Nous sommes doctorants ou jeunes docteurs en économie et nous pensons que la place d’un chercheur n’est pas à côté de la société. Nous pensons que le rôle des économistes n’est pas uniquement dans la production de travaux scientifiques mais également dans la discussion et la diffusion de théories et de résultats avec ceux qui en expriment le désir, et dans le rapprochement et la prise en compte des réflexions et des interrogations des citoyens."
Tous les mois, nous nous retrouverons dans notre café favori, le Manhattan, juste à côté de notre lieu de travail (la Maison des Sciences Economiques). Entre deux débats, le blog servira à retranscrire les débats, évidemment, mais aussi de faire réagir et préparer les débats suivants avec les rubriques "graphs du jour" ou "phrase du jour". Dernier graph en date, celui sur les dettes.. Grand sujet dans cette campagne.

Tous les détails ici.

Pour ceux qui s'intéressent aux enjeux économiques, deux sources de référence: Télos, qui est un blog qui regroupe des intellectuels (pas forcément économiste) qui réagissent sur les grands enjeux ou débats qui traversent la société.

Telos est une agence intellectuelle fondée en décembre 2005. Elle est présidée par Zaki Laïdi. Regroupant universitaires et professionnels, elle aspire à répercuter sans esprit partisan les grands débats mondiaux dans un espace français livré aux passions hexagonales.
On est pas forcément d'accord, on ne l'est pas du tout quand Olivier Blanchard nous explique pourquoi il votera Sarkozy en dépeignant un soit-disant consensus sur l'Etat de la société française qui le fait tout logiquement voter à droite. Cet article a fait quelques remous dans le cercle des économistes. Elle vient répondre à l'initiative des "jeunes" économistes de l'ENS qui se sont engagés en faveur de Ségolène Royal (Piketty, Aghion...). Voir l'article de Libé: Les jeunes économistes pour Ségolène. Et mon petit doigt me dit (enfin j'espère) que des tribunes dans Télos ou dans la presse quotidienne viendront porter la contradiction à Olivier Blanchard.

Dernière source si vous vous intéressez à ces enjeux: la rubrique Economique de Libé. Chaque semaine, c'est un économiste qui vient mettre en relation ce qui se fait dans la littérature scientifique avec les débats actuels.



Tuesday, March 13, 2007

En bref..

La démocratie avance en Mauritanie..
Et comme souvent, cela se fait sans la France. Le coup d'Etat militaire avait été condamné par la France. Les militaires ont tenu parole, et les élections présidentielles se sont tenus ce dimanche, prouvant que Démocratie et l'Afrique sont loin d'être antinomiques comme essayent de nous le faire croire ceux qui justement sont prêts à tous les batons dans la rue pour maintenir l'Afrique sous dépendance. Le deuxième tour opposera un partisan de l'ancienne majorité contre l'opposant historique. C'est la première fois qu'un deuxième tour à l'élection présidentielle aura lieu.

Mais elle continue de régresser en Russie..
Elections régionales en Russie, et là c'est la situation est inverse. La démocratie continue de reculer dans l'indifférence la plus totale. Poutine avance sur la "non-démocratie". Seuls les partis qui soutiennent Poutine sont autorisés à se prononcer. Pour capter le vote protestataire, on crée de toute pièce des partis protestataires, dont on s'assure que la protestation restera bien encadré. C'est le cas du parti "La Russie juste" qui s'indigne de la montée de la pauvreté et dénoncent les inégalités..tout en soutenant Poutine. Par contre, les partis libéraux ont été tout simplement écartés comme Iabloko, ne soulevant que très peu de protestations. Je lisais dans la presse hier qu'une manifestations d'opposants et de démocrates avaient réuni 5000 personnes récemment et que c'était la plus grande manifestation de l'opposition depuis très longtemps. 5000 personnes! Pour la Russie! C'est dire le niveau anémique de la société russe actuelle. Il ne faut pas desespérer, disent les démocrates. La collusion avec les oligarches a sans doute contribué à expliquer leur rejet, mais c'est surtout le baillonement de la presse, effectuée de manière méthodique depuis plusieurs années par Poutine qui explique cela.

Faut-il parler avec la Syrie?
J'entends ce matin que M. Solana, le haut représentant de la politique extérieure européenne, se rend en Syrie. C'est incontestablement un inflechissement. Cela se fait avec le soutien plein et entier de la France, nous dit-on: là c'est un revirement dans la politique étrangère de la France. Pourquoi? Etant donné la situation en Irak, il semble évident qu'il faille discuter avec la Syrie, tant leur implication et pouvoir de nuisance est fort. Néanmoins dans le timing, cette visite peut faire débat. On sait que les syriens sont prêts à tout pour obtenir la fin des menaces pesant sur le régime, via le tribunal à caractère international sur l'assassinat de Hariri au Liban. Les pressions sur la Syrie pour qu'elle ne fasse pas entrave à l'enquête de l'ONU avaient été vaines. Et il y avait une ligne de fracture dans la diplomatie européenne avec d'un côté essentiellement Moratinos, ministre des affaires étrangères espagnols, avec l'appui italien qui cherchaient à inclure la Syrie dans le jeu et de l'autre côté la France qui considérait qu'il fallait isoler la Syrie jusqu'à ce que le tribunal international rende ses conclusions et que les coupables soient jugés. Il semble que cela soit la première optique qui soit en voie de remporter, du fait de la situation en Irak. Et on craint que le Liban fasse les frais du nouvel intérêt de la communauté internationale pour le régime Syrien. La stratégie de pression de l'opposition libanaise, Hezbollah en tête, aura également payé. La Syrie est incontournable, et cela au détriment de la stabilité régionale. Le Liban risque d'être la monnaie d'échange pour la Syrie qui sait jouer de ses multiples cartes pour assurer la survie de son régime. Je lis le communiqué de presse de l'agence de presse syrienne et cela renforce mes doutes. Je suis sur que Solana a annoncé sa volonté de parler du tribunal international. Rien ne transparaît. Mais comme à chaque visite d'un responsable international, le régime syrien sait très bien faire pour instrumentaliser la visite et en faire une visite de soutien.

Friday, March 09, 2007

Toujours se méfier...

.. des victoires militaires rapides...

Elles masquent souvent des débacles longues à s'annoncer. En disant cela, vous pensez certainement à l'Irak. Mais c'est un nouveau scénario catastrophe qui s'annonce en Somalie. Tout le monde s'était réjoui (un peu trop vite?) de la débacle des tribunaux islamistes, terrassés par l'armée éthiopienne avec le soutien logistique des américains. C'est en dehors de toute légitimité internationale que se perpétuaient les bombardements américains pour détruire 'les infrastructures terroristes'. A croire qu'on apprend peu de ses erreurs passées..

Que se passe-t-il aujourd'hui? On observe une recrudescence de la guérilla, voir même un début d'insurrection. Les troupes internationales de maintien de la paix sont acceuillis à coup de caillous.

Le gouvernement transitoire tarde à intégrer en son sein l'ensemble des composantes de la société somalienne (que cela fasse plaisir ou non, il est préférable d'avoir les modérés des tribunaux islamistes à l'intérieur du gouvernement que les ultras se lancer dans des attentats). Bref, malheureusement, la stabilité en Somalie n'est pas pour demain.

J'entends les "réalistes" dire ici où là que de toutes façons, on ne peut rien faire dans cette situation inextricable. J'ai la faiblesse de penser qu'un plus fort investissement de la communauté internationale, un soutien plus appuyé au processus de transition est une exigence. Non pas uniquement morale, mais réaliste justement, tant on sait qu'on a besoin de tout sauf d'un nouveau foyer de tensions propres à l'installation de nouveaux camps d'entraînements terroristes. Le problème sur ce sujet est que c'est toujours en prétandant "lutter contre le terrorisme" que les américains l'attisent.

Espérons que nous ne soyons pas complètement entré dans le cercle vicieux de la violence et de la destruction en Somalie. Il est peut-être encore temps de réagir.

Thursday, March 08, 2007

contre les violences faites aux femmes, pour le droit à l'avortement reconnu au niveau européen, contre la féminisation des travailleurs pauvres


Ce fut l'une des lois les plus importantes menées par José Luis Rodriguez Zapatero, le premier ministre socialite espagnol. Cela figure en bonne place dans le programme de Ségolène Royal et d'autres candidats de Gauche. Comme le disait hier Ségolène lors de son meeting à Dijon:
"Je l’ai dit également, le premier texte de loi qui sera déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale sera la loi cadre contre les violences faites aux femmes, car comment peut-on supporter, comment peut-on tolérer que, dans le pays des droits de l’homme, il y ait autant de silence sur un fléau aussi insupportable qui frappe non seulement les femmes, une tous les trois jours meurt sous les coups de son conjoint, et cette souffrance, ces crimes sont couverts par la loi du silence ? Il faut que la loi du silence recule, car quand une femme est frappée au domicile familial, ce sont aussi des enfants qui souffrent cruellement. Je vais même vous dire, lorsqu’on s’interroge parfois sur l’échec scolaire de certains enfants, il faudrait y voir d’un peu près sur ce qu’ils subissent parfois sur le plan psychologique, et lorsqu’on sait qu’il y a reproduction du modèle paternel, c’est-à-dire qu’un enfant qui a souffert de la violence familiale va reproduire ce modèle familial, étant lui-même victime à double sens, victime de l’avoir subi et victime ensuite d’une certaine façon d’être auteur des coups qu’il va à nouveau porter sur sa conjointe. Je vous dis, ce cercle infernal, il est possible de le briser si la loi du silence est brisée et si les femmes, comme les hommes, parce que je crois qu’ils peuvent être aidés, soutenus, que cette reproduction des modèles machistes n’est pas une fatalité, et en aidant les hommes et les femmes à se tenir debout ensemble et à se respecter dès le plus jeune âge dans l’éducation civique qui sera donnée à l’école sur le respect mutuel entre filles et garçons, nous réussirons à briser ce cercle de la violence."

Faire du droit à l'avortement un droit reconnu au niveau européen
En ce jour du 8 mars, et puisque ce blog a une vocation internationaliste, il est également important de revenir sur un droit fondamental: le droit des femmes à disposer de leur corps. Il est inadmissible que plusieurs pays européens ne reconnaissent pas aujourd'hui le droit à l'avortement. Saluons ici le volontarisme politique du gouvernement socialiste de Socrates au Portugal qui après la victoire du oui au referundum (même sans le quorum) a décidé d'aller jusqu'au bout en faisant adopter une loi reconnaissant ce droit.
Mais il reste encore beaucoup à faire: Irlande, Malte, Pologne et Chypre ne reconnaissent toujours pas l'avortement. Je considère qu'il est aujourd'hui nécessaire d'agir sur deux plans: d'une part, faire du droit à l'avortement un droit à inclure dans une charte des droits fondamentaux, juridiquement contraignante, afin que ces 4 pays soient dans l'obligation de changer leur législation. Deuxièmement, le droit à l'avortement doit devenir une condition d'adhésion pour les futurs membres de l'UE.

L'OIT met en garde contre la "féminisation des travailleurs pauvres"
La lutte pour l'égalité se joue évidemment sur le marché du travail. A l'occasion du 8 mars, l'Organisation Internationale du Travail sort un rapport sur les tendances mondiales de l'emploi des femmes. L'OIT dresse un constat préoccupant:
"De plus en plus de femmes sont au chômage (81,8 millions), affirme également le BIT, ou sont confinées dans des emplois peu productifs du secteur de l'agriculture et des services, ou encore sont moins rémunérées que les hommes pour des postes comparables. Le BIT ajoute que la proportion des femmes en âge de travailler qui disposent d'un emploi, ou qui en cherche un, a cessé d'augmenter et décline même dans certaines régions."

Lire le communiqué de presse de l'OIT, le rapport complet.

Illustration: les e-cards du MJS33.

Thursday, March 01, 2007

Le paludisme, les labos, la santé en Afrique

Le paludisme tue. On en parle beaucoup moins en Europe que le drame du SIDA. Peut-être que parceque le SIDA tue aussi chez nous. Pour le paludisme, "c'est simple, il n'y a qu'à prendre sa Malarone". Certes, mais le paludisme tue 3 millions de personnes par an selon l'OMS. C'est d'autant plus révoltant que les traitements existent. Mais les traitements coutent chers, et il faut pouvoir se les procurer. On paye l'incurie des systèmes de santé, fragilisés par des décennies d'affaiblissement de l'Etat, ajustement structurel oblige.

On apprend aujourd'hui qu'un nouveau traitement (curatif) vient de sortir, l'ASAQ. Un comprimé au lieu de quatre par jour. Un traitement de trois jours pour moins de 1 dollar. Ca ressemble donc à une vraie bonne nouvelle, d'autant que la résistance aux traitements existants se renforçaient.

Sur RFI, j'entends que le nouveau médicament a été crée "grâce à un partenariat public-privé". Alors ça c'est étrange. Je me renseigne.
Ce médicament est lancé par la fondation Drugs for neglected diseases (*), «Initiative médicaments pour les maladies négligées» (DNDi) , en partenariat avec le laboratoire pharmaceutique Sanofi-Aventis. Ce laboratoire, qui a développé la production à l’échelle industrielle, a renoncé à ses droits de propriété intellectuelle. Le médicament n’étant pas couvert par un brevet, les pays directement concernés pourront donc, ainsi, satisfaire les soins primaires de la population en commercialisant le produit au prix coûtant.
C'est vrai que la paludisme n'a jamais intéressé les laboratoires pharmaceutiques. Cela pose de vrais questions de fond. La fondation DND ne pouvait généralement se passer de Sanofi-Aventis pour la production à grande échelle. Mais Sanofi-Aventis ne l'aurait certainement pas fait sans financement public. Les financements publics viennent essentiellement de l'Union Européenne, de la Suisse de l'Italie. C'est aussi Médecins sans frontières qui s'est beaucoup engagé pour que cette fondation pour les maladies négligées voient le jour. Le fait que Sanofi renonce à son brevet constitue pour tous les militants de la santé pour tous une réelle avancée. Le financement public apparaît ici comme incontournable. La responsabilité du secteur privé a montré toutes ses limites. Je doute cependant que la politique de Sanofi sur cette question ne soit que pure altruisme, il faudra veilleur que ce financement public ne serve au final à assurer et garantir le profit de l'industrie pharmaceutique. Mais ça ouvre un vrai débat: quel financement pour la recherche pharmaceutique? Quelle place pour l'Etat? pour la communauté internationale? pour les ONG? Qui fixe les priorités?

Update! 18h15. Comme quoi l'espoir ouvert par ce nouveau médicament anti-palu devait vite être refroidie. Dans une autre région du Monde, en Inde, c'est Novartis qui bloque la production de génériques antirétroviraux pour soigner les malades du sida.
Comme le dit Rony Brauman dans sa chronique dans Alternatives Internationales, "La pharmaceutique doit renoncer à bloquer la fabrication en Inde de médicaments génériques de deuxième génération pour soigner les malades du SIDA.".

Signez la pétition d'Oxfam et interpeller le directeur de Novartis.

Wednesday, February 28, 2007

Tout ça me met d'excellente humeur!

Je n'ai pas l'habitude de parler de ce que je fais dans "la vraie vie", dans le cadre de ma thèse. Mais je viens de recevoir un e-mail m'annonçant qu'un de mes articles était accepté pour publication dans World Development. Et franchement, vous m'en voyez ravi :). Il y a des jours comme ça..

Monday, February 26, 2007

Les droits fondamentaux des travailleurs ne sont toujours pas respectés en Europe

On pense souvent que la question du respect des normes fondamentales du travail (Interdiction du travail des enfants, du travail forcé, principe de non-discrimination et liberté syndicale) se pose essentiellement pour les pays en dehors de l'Europe, les pays en développement qui pratiquent avec nous le dumping social et la concurrence déloyale. La confédération syndicale internationale nous rappelle qu'il faut toujours penser à balayer d'abord devant sa porte, soulignant dans un rapport les insuffisances dans l'application de ces normes fondamentales.

Lire le communiqué de presse
Lire le rapport complet

En France, la Confédération syndicale internationale dénonce un problème de discrimination de genre:
The law requires that women receive equal pay for equal work, but in practice,
sizeable gaps between men’s and women’s earnings exist. According to statistics
provided by the Government, the pay differential between men and women stood at 24.8 percent in the private sector and at 14.2 percent in the public sector in the year 2002. Moreover, unemployment rates have been higher for women than for their male counterparts. According to a study by INSEE, the government’s statistical agency, less than 20 percent of executives in the private sector are women, and they are underrepresented in managerial jobs and positions of responsibility.
Concernant le travail des enfants, le rapport dénonce l'apprentissage à 14 ans voté dans la loi sur l'Egalité des chances et parle aussi du problème spécifique du travail des enfants pour certains migrants, notamment d'Europe de l'Est. Concernant le travail forçé, le rapport mentionne un problème spécifique de prostitution forcée liée aux filières d'immigration clandestine.

Saturday, February 24, 2007

Elections au Sénégal: les penchants autoritaire de Wade

Les élections au Sénégal se tiennent dimanche. Le président actuel, Abdoulaye Wade avait élu en 2000 au terme d'une élection qui avait vu le Parti Socialiste perdre un pouvoir qu'il occupait depuis 40 ans. L'alternance démocratique avait été salué par la communauté internationale, Abdou Diouf, le président socialiste sortant acceptant le résultat des élections et laissant Wade, le libéral prendre la tête de l'Etat, conformément au souhait des électeurs.
Les élections se tiennent dimanche et Wade est présenté partout comme le grandissime favori. C'est certainement vrai, tant Wade aura préparé minutieusement sa réelection, en utilisant tous les moyens à sa disposition. Il est vrai aussi que l'opposition lui facilite la tache tant la division risque de tuer dans l'oeuf toute vélléité de changement. Entre Dieng, le candidat socialiste, Idrissa Seck, ancien collaborateur de Wade, ou Niasse et sa coalition 2007, le choix ne manque pas et on ne peut que regretter l'échec des initiatives visant à présenter un candidat unique face à Wade.
Mais alors que l'élection de Wade marquait l'affirmation de la démocratie sénégalaise grâce à l'alternance, sa réelection risque de marquer la dérive autoritaire d'un régime prêt à tout pour assurer sa survie. J'entendais sur RFI ce matin que "la campagne électorale s'était relativement bien passée". On croit rêver. Fin Janvier, c'était une manifestation de l'opposition réclamant des garanties sur la tenue du scrutin qui était réprimé par le pouvoir. Wade ordonnait l'arrestation de 3 candidats à l'élection présidentielle.. Imagine-t-on Sarkozy en France faire arrêter Ségolène Royal, Marie-Georges Buffet et Olivier Besancenot suite à une manifestation. Non. C'est pourtant ce qui s'est passé au Sénégal et RFI se devait aussi de le souligner.
Autre motif d'inquiétude, la fraude électorale. Wade sonne aujourd'hui le tocsin. Toutes les garanties démocratiques sont réunies, dit-il et tous ceux qui oseraient le mettre en doute suite à l'annonce des résultats seront arrêtés. On croit rêver. Pourtant les problèmes existent. Une partie significative des électeurs n'a toujours par reçu les nouvelles cartes électorales, réputées infalsifiables. L'opposition met en garde et Wade qui fanfaronne aujourd'hui en déclarant "qu'il ne comprendrait pas qu'il ne soit pas élu au premier tour tant les sondages sont bons. Un second tour ne sera pas nécessaire à ma réelection" ne fait que semer le doute. La crainte des fraudes est telle que le Parti Socialiste français a décidé d'envoyer deux représentants en la personne de Harlem Désir, député européen et Thomas Mélionio, délégué national à l'Afrique pour témoigner.
La dérive autoritaire de Wade, ce fut aussi pendant son mandat la censure et les limitations à la liberté de la presse, l'emprisonnement des opposants ou de ses anciens amis qui avaient décidé de rejoindre l'opposition. Les faits se sont enchaînés, ternissant l'image d'un chef d'Etat bénéficiant pourtant du soutien de la communauté internationale.
Il est vrai que Wade est un libéral (sur le plan économique, car sur le plan politique on vient de voir que c'était loin d'être le cas). Un ami des organismes internationaux qui n'ont cessé de louer ses efforts en faveur de la bonne gouvernance. Ce fut l'un des inspirateurs du NEPAD, il est adulé par la droite française. Tout particulièrement par Sarkozy qui ne cherche à faire oublier ses paroles sur "l'immigration choisie" qui avait fait bondir Wade. Bref, Wade c'est du vernis pour faire briller auprès de la communauté internationale. Quand on gratte, la réalité est plus cruelle, et la démocratie sénégalaise mérite mieux qu'un homme au tentation sans cesse plus autoritaire.

Friday, February 23, 2007

François (B.), as-tu oublié tes 20 ans?

Les médias adorent çà. Les phénomènes médiatiques, la recherche sans fin du troisième homme, la volonté de créer de la confusion, de la diversion. L'homme qui n'aimait pas TF1 est aujourd'hui présenté partout comme l'alternative. Sa victimisation lui a permis une ascension significative dans les sondages. Du coup, tout le monde s'agite. Et on nous annonce un groupe de "socialistes" forcément anonymes, de la haute fonction publique qui se rallie. Les temps médiatiques sont formidables. Ca tombe bien tout de même, doit penser Bayrou, l'air pas forcément surpris. En 2002, c'était Chevènement, monté à 14% avant de revenir à des niveaux plus conventionnels. Les médias avaient fini par se laisser. Sur le fond, également, une des plus grandes impostures du jeu politique ces dernières années. François B. ne serait pas un homme de droite. Malin, le François qui exploite judicieusement la vague sondagière, la volonté de dépasser les clivages.
La crise est démocratique est réelle, elle pousse les citoyens à se réfugier dans ces échappatoires passagères. La dépolitisation, la crise du politique, les confusions idéologiques créent l'affaiblissement du clivage Gauche-Droite. Ca me rappelle tous ces gens qui se disent "apolitiques" pour mieux cacher qu'ils sont de Droite.
Une analyse précise des propositions de Bayrou le ramène pourtant rapidement à sa famille politique naturelle. Prenons un exemple: la constitutionallisation de l'interdiction du déficit du budget de fonctionnement de l'Etat. On voit bien l'idée et on partage le point de vue selon laquelle la dette pose un problème réel qu'il faut traiter, par solidarité pour les générations futures. Mais cela n'autorise pas tout, surtout pas de se lier les mains aujourd'hui, de s'enlever des marges de manoeuvre pour demain. La politique a trop souffert de cela, d'abondonner au champ économique des décisions qui relève du champ démocratique. Le sentiment d'impuissance vient de là. On se rappelle des vifs débats qui ont porté sur la constitution européenne, où des économistes critiquaient la volonté de "constitutionnaliser les politiques économiques", comme Milton Friedman et d'autres en avaient révé dans les années 1970. La politique monétaire nous a déjà échappé, confiée à une banque centrale indépendante. La politique budgétaire est bridée par le pacte de stabilité. Nous n'avons pas construit les nécessaires outils budgétaires que nous aurions du construire au niveau européen (un véritable budget européen, capable d'amortir les chocs, un impôt européen pour assumer la solidarité). Et François B. nous propose maintenant d'interdire ce déficit par la loi. Le problème est le suivant: le déficit se réduit d'autant plus facilement en période de croissance. C'est une évidence. Par contre, le jour où une vive récession frappe notre pays, il est complétement contre-productif de vouloir à tout prix "interdire le déficit". On appelle cela une politique pro-cyclique. L'inverse de ce qu'il faut faire. Le résultat est clair: la récession entraîne une baisse des recettes. Résultat, si Bayrou nous fait sa loi, on est forçé, par la loi de réduire d'autant les "dépenses de fonctionnement" (des salaires de prof par exemple), ce qui aura un effet récessif..Et augmentera donc finalement à nouveau le déficit.
Bref, faire de la politique, ce n'est pas s'enlever toute marge de manoeuvre, sinon on ne fait pas de la politique.. Et derrière l'apparent "bon sens du chef de famille", la proposition de Bayrou est ni plus ni moins dans la droite lignée des propositions les plus folles des néo-libéraux. Pas vraiment de Gauche quoi. C'est à se demander si les Spartakus sont vraiment socialistes..

Sur le sujet, à lire les tribunes de Benoit Hamon (dans Libé) et de Clémentine Autain et Anne Le Strat (dans Le Monde) . Rien à ajouter.

Wednesday, February 21, 2007

Une force d'interposition en Somalie

Le 24 décembre, j'écrivais sur ce blog que j'étais en faveur de la mise en place rapide d'une force d'interposition en Somalie, suite à l'offensive éthiopienne. Quelques mois après, les tribunaux islamistes ont été terrassés mais on sait que la situation est extrêmement fragile. L'occupation de la Somalie par des forces étrangères n'est pas tenable. Les bombardements américains sont graves et illégitimes. Dans ce contexte difficile, on ne peut que se féliciter de la mise-en-place d'une force de l'Union Africaine soutenue par l'ONU. L'émergence des tribunaux islamistes a pu aussi s'expliquer par le manque de soutien de la communauté internationale au gouvernement de transition. Espérons donc que les récents évènements aient fait prendre conscience de la nécessité de soutenir plus franchement le processus de transition, nécessitant d'inclure tous les acteurs dans le processus, et non les seuls chefs de guerre.




Tuesday, February 20, 2007

Sarkozy propose de maintenir les "amitiés personnelles" de Chirac

La rupture s'arrête là où commence les intérêts de notre industrie militaire. Lorsque Sarkozy prétend rompre avec la Françafrique de Chirac, on comprend surtout qu'il cherche à construire ses propres réseaux. Ailleurs dans le Monde, la persistance des relations personnelles semble être une priorité pour Sarkozy:

Trouvé dans Libération (lun. 19 fev)
"Armement: Sarkozy veut rassurer les Emirats"
N
icolas Sarkozy a adressé un message aux dirigeants des Emirats Arabes Unis pour rassurer sur l'avenir des relations de la France, a annoncé hier Pierre Lellouche, délégué général de l'UMP pour la défense. "Le souhait de Nicolas Sarkozy (...) est non seulement de maintenir la relation qui avait été nouée entre cheikh Zayed et le président Chirac, mais de la développer encre plus, dans un contexte international et régional devenu très difficile. (...) La permanence des liens va passer la génération suivante". Les Emirats sont l'un des principaux clients de l'industrie d'armement française.
On attend avec impatience le même type de déclaration pour rassurer les Bongo, Sassou, Déby, Bozizé ou Campaoré..

Je ne sais pas vous, mais moi, je préfère lire çà et la réponse du secrétaire général du CCFD aux propositions de Royal sur l'Afrique:

"La réponse de Mme Royal à ma lettre ouverte sur la nécessité d’un changement radical de la politique de la France en Afrique est un signe encourageant d’engagement. Mme Royal se prononce en effet clairement sur plusieurs questions chères au CCFD, qui sont portées, en vue des élections, par la campagne « État d’urgence planétaire, votons pour une France solidaire » : examen par le Parlement des accords de défense liant la France et des pays africains, création d’une délégation parlementaire aux négociations et à la coopération internationales, engagement de faire transiter 5 % de l’aide publique au développement par les ONG, exigence, pour les entreprises exploitant des ressources en Afrique, de déclarer ce qu’elles versent aux autorités de ces pays… Je m’en réjouis bien entendu. Sur plusieurs questions - dette, taxation des transactions financières, règles commerciales mondiales… -, nous attendons des engagements plus précis. Le dialogue va donc se poursuivre, comme c’est le cas avec tous les candidats que nous avons interpellés. La France et tous ses citoyens sortiront grandis de ce débat démocratique sur ses relations avec l’Afrique."

Monday, February 19, 2007

La Françafrique et nous..


Ca faisait longtemps que nous n'avions pas autant parlé d'Afrique dans une campagne électorale. La semaine dernière, c'était le dernier sommet France-Afrique de l'ère Chirac. On en avait presque la larme à l'oeuil. Chirac acceuillant pour la dernière fois ses amis dictateurs, un petit mot pour chacun un accolade et une dernière poignée de main pour l'Histoire. Tout un symbole. Les Bongo, Déby, Sassou N'Guesso ; les Campaoré, Bozizé. Toute cette poignée de dictateurs faisant juste le déplacement pour un Homme, Chirac ; pour un système, la Françafrique.

Ce sommet aura eu un mérite: connaître le programme des candidats sur la politique à mener vis-à-vis de l'Afrique. Point de clivage entre la Gauche et la Droite. Sarkozy, qu'il le veuille ou non, c'est l'héritier des réseaux Pasqua. Il a beau s'affirmer en rupture par rapport aux amitiés chiraquiennes, c'est pour mieux construire ses propres réseaux. Ségolène, elle semble avoir entendu le fort appel au changement. Suppression de la cellule africaine de l'Elysée, révision et renégociation des accords de défense et de sécurité, débat et vote nécessaire au Parlement pour engager des troupes françaises en Afrique. Les premières mesures annoncées rejoingnent les propositions des ONG qui militent sur ces questions, celles de "2007, urgence planétaire". On avance donc, et on ne peut que s'en réjouir.

Nous organisions à Moans-Sartoux (proximité de Cannes) un débat sur ces questions. Merci et bravo aux camarades du MJS06 qui ont organisé cet évènement dans des conditions difficiles. Nous avions fait venir deux camarades, Thierno Camara, le responsable de l'association des jeunes guinéens de France pour nous faire le point sur la terrible situation en Guinée et N'tji Diawara, responsable des Jeunes ADEMA du Mali. Le débat fut vif et renforce ce qu'on savait déjà. On ne parle pas assez de ces enjeux. Il y a besoin de proposer des alternatives, un autre rapport à l'Afrique est nécessaire. Mais il faut sortir de ce black-out médiatique. Il était d'ailleurs "intéressant" de remarquer qu'aucun média n'a parlé la semaine dernière de toutes les initiatives alternatives au sommet France-Afrique (contre sommet citoyen, manifestations à Paris et à Cannes, différents débats, mois contre la Françafrique). Les citoyens doivent se saisir de ces enjeux.

Thursday, February 15, 2007

les jeunes du PT et nous...

Eduardo, le secrétaire national adjoint des jeunes du PT brésilien était en France pour rencontrer le MJS et intensifier la coopération politique entre nos deux organisations. A cette occasion, il nous livre un petit message de soutien, soulignant la dynamque à Gauche en Amérique Latine et la nécessité de continuer ce mouvement en Europe.


Wednesday, February 14, 2007

Aujourd'hui, j'aime la vie

14 Février, fête des amoureux. 14 Février, triste anniversaire de l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri. Alors aujourd'hui, j'aime la vie. Pour nos camarades libanais qui manifestent aujourd'hui Place des Martyrs à Beyrouth, pour la culture de la vie dont parlait si bien Samir Kassir, contre tous ceux qui prônent l'obsurantisme et la culture de la mort, pour la liberté, l'indépendance, pour que la Jeunesse du Liban puisse s'épanouir, vivre en paix, s'émanciper. Aujourd'hui, mes pensées sont pour eux.

Culture de la vie, i love life en Guinée aussi où le pouvoir tue sans vergogne, où les militaires empêchent la population de vivre, de manifester sa soif de changement. Aujourd'hui j'aime la vie pour que la vie change en Guinée, pour que Lassana Conté quitte le pouvoir.


Aujourd'hui, j'aime la vie car Ségolène Royal fait souffler un vent de changement, affirme sa volonté de placer la jeunesse au coeur de son projet, de se battre avec nous pour affirmer notre droit à l'avenir. La campagne commence vraiment, et ça fait plaisir.

Aujourd'hui, j'aime la vie car les gens semblent de bonne humeur malgré la pluie parisienne qui tente de nous saper le moral. Aujourd'hui, une nouvelle ère s'annonce. A partir d'aujourd'hui, on avance, on va vers l'avant.

Aujourd'hui, j'aime la vie, i love life. Bonne Saint Valentin à tous.

Tuesday, February 13, 2007

Guinée: casser l'indifférence de la communauté internationale

J'en parlais déjà sur ce blog suite au Forum Social Mondial de Nairobi. La grêve générale a repris et la repression s'intensifie. On compte aujourd'hui plus de 100 morts, et l'Etat de siège a été décrété. Black-out total sur la Guinée, les journalistes ne sont pas les bienvenus, les militaires occupent les rues. Le message de la communauté internationale doit être clair: Lassana Conté doit partir.

Ci-dessous, le communiqué du MJS publié ce jour, appellant notamment à manifester contre la Françafrique ce soir (18h30, Chateau Rouge) et jeudi (19h00, Cannes parking de la Gare).

Guinée : Casser l’indifférence de la communauté internationale

mardi 13 février 2007

En 2007, sortons de la Françafrique !

Depuis plusieurs semaines, les syndicats soutenus par les partis d’opposition ont lancé une grêve générale, la troisième en un an, pour dénoncer la corruption au plus haut niveau de l’Etat, dénoncer les injustices et l’impunité des amis du Président et combattre la hausse des prix. Les syndicats demandaient également la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, la nomination d’un premier ministre de consensus et plus généralement la démocratisation du régime.

Fin Janvier, le Président-Dictateur Lassana Conté choisit la voie de la répression, tirant sur les manifestants. Au jour d’aujourd’hui, ce sont plus de 100 civils qui ont été tués, dans l’indifférence la plus totale de la communauté internationale.

Conté avait promis de nommer un premier ministre de consensus, la grève générale avait été suspendue. Mais la nomination d’un proche du président apparaît comme une provocation supplémentaire. La grève générale a légitimement repris. La répression a repris et l’Etat de siège décidé.

Les jeunes Socialistes français affirment toute leur solidarité avec les manifestants guinéens, avec les syndicats et l’opposition. Nous condamnons vivement la répression du mouvement social et l’incapacité du gouvernement guinéen à traiter autrement que par la violence les problèmes sociaux des guinéens. La démission du Président Conté et la tenue d’élections libres et démocratiques semble la seule issue à la crise.

Alors que se tiendra à Cannes le 15 et 16 février prochain le sommet France-Afrique, nous ne pouvons par ailleurs oublier que le président Conté a été depuis son coup d’Etat militaire en 1984 soutenu par les autorités françaises qui a cautionné les élections truquées de 1993 et 1998. La grave crise en Guinée rappelle la nécessité de sortir de la Françafrique, de changer la nature de la coopération française avec les pays africains. Le soutien aux dictateurs doit cesser, la coopération militaire avec Conté et les autres dictateurs être immédiatement stoppée.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes s’associe aux initiatives organisés cette semaine dans le cadre du sommet citoyen France-Afrique et appelle à manifester mardi 13 février à Paris (départ à 18h30, Métro Château Rouge) et jeudi 15 février à Cannes (départ à 19h : Parking de la Gare).

Tuesday, February 06, 2007

Vive l'impot!

Je signe! Excellente initiative d'Alternatives Economiques.
Signer la pétition

Appel : « Pourquoi nous consentons à l’impôt »

Nous, soussignés, assujettis à l’impôt sur le revenu, et pour certains d’entre nous, à l’impôt de solidarité sur la fortune, considérons ces prélèvements comme légitimes et sommes fiers d’apporter ainsi notre contribution aux dépenses publiques nécessaires au progrès, à la cohésion sociale et à la sécurité de la nation. Nous considérons également qu’un impôt progressif sur les successions est le corollaire indispensable des libertés économiques offertes par l’économie de marché. Le marché est facteur de progrès parce qu’il permet à l’esprit d’entreprise de s’exprimer. Mais les inégalités qu’il engendre sont mortifères pour la démocratie si aucune limite n’est mise à la transmission héréditaire de la richesse. Celle-ci doit être acquise par le travail, par le talent, et non par le simple fait d’avoir hérité de ses parents. Une société où le pouvoir économique se transmet par héritage, est une société condamnée à une croissance lente, où les rentiers l’emportent sur les créateurs et où travail et mérite perdent toute valeur.
L’Etat doit bien sûr savoir se réformer. Augmenter les impôts n’est pas une fin en soi et la liberté de chacun passe par la libre disposition d’une large part du fruit de son travail. Mais voir des candidats à la magistrature suprême proposer des mesures démagogiques en matière fiscale et justifier la sécession sociale des plus riches nous consterne. Car nos revenus ne proviennent pas seulement de notre talent personnel. Ils ont été acquis par notre travail, mais celui-ci ne porterait pas ses fruits sans le stock d’infrastructures, d’innovations, de savoir-faire, de goût d’entreprendre, de lien social, qui nous a été transmis par les générations qui nous ont précédés. C’est cet héritage commun qu’il nous revient de préserver et de développer en priorité afin d’assurer la qualité actuelle et future de notre vie individuelle et collective. Ce qui passe par un niveau élevé de dépenses publiques. Ces dépenses ne sont pas seulement un coût, elles sont aussi un investissement, gage à la fois de justice et de dynamisme. C’est pourquoi nous consentons à l’impôt et récusons des baisses de la fiscalité dont la contrepartie serait l’insuffisance des moyens donnés à la protection sociale des plus pauvres, à l’éducation, à la recherche, à la santé, au logement ou encore à l’environnement.

Cet appel, lancé à l'initiative du mensuel Alternatives Economiques a déjà reçu le soutien de :
Jean-Marie Albertini, économiste, Fadela Amara, Max Armanet, journaliste, Philippe Askenazy, économiste, François Baraduc, chef d’entreprise et vice-président du Conseil général du Rhône, Pierre Besançon, Vice président du Conseil économique et social régional de Franche Comté, Christophe Bigot, avocat, Vincent Boggio, médecin, Gaby Bonnand, secrétaire national de la CFDT, Noël Bouttier, rédacteur en chef de Témoignage chrétien, Robert Boyer, économiste, Anton Brender, économiste, Bernard Carrère, animateur d’association, Luc Champagne, cadre supérieur, Louis Chauvel, sociologue, Christian Chavagneux, rédacteur en chef de l’Economie politique, Jean Clément, créateur et chef d’entreprise, Denis Clerc, fondateur d’Alternatives économiques, Jean-Baptiste De Foucauld, ancien commissaire au Plan, Gilles de Courtivron, ancien dirigeant du groupe La Vie - Le Monde, Geneviève Decrop, ancienne directrice de la Mission Rhône-Alpes d’information sur l’exclusion, Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste, Jacques Delors, Michel Dollé, rapporteur général du Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale, François Dubet, sociologue, Gérard Duchamp, cadre supérieur, Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques, Gilles Finchelstein, cadre supérieur, Maurice Fournet, ancien chef d’entreprise, Philippe Frémeaux, directeur d’Alternatives économiques, Antoine Garapon, juriste, Patrice Garnier, consultant, Jérôme Gautié, économiste, Christophe Gendreau, Stéphane Gourdon, Frédéric Volovitch, musiciens, Les Wriggles, Roger Godino, ancien chef d’entreprise, Philippe Grangeon, cadre dirigeant, Jean-Paul Hébert, économiste, Jean-Claude Guillebaud, éditeur, écrivain, Thierry Jeantet, cadre dirigeant, mutualité, Wojtek Kalinowski, rédacteur en chef de la Vie des idées, Patrick Klugman, avocat, vice-président de SOS Racisme, Daniel Lenoir, cadre dirigeant, Didier Livio, chef d’entreprise, ancien président du Centre des jeunes dirigeants, Jacques Maire, cadre dirigeant, assurances, Jacques Maillot, chef d’entreprise, directeur de Témoignage chrétien, Antoine Martin, ancien DRH du groupe Danone, Eric Maurin, économiste, Dominique Méda, chercheuse, Olivier Mongin, éditeur, Marc-Olivier Padis, éditeur, Thierry Pech, secrétaire général de la République des idées, Hélène Périvier, économiste, Michel Préfol, ingénieur, Hugues Puel, économiste, Dominique Raymond-Blanc juriste, Loïc Richard, membre du Conseil économique et social de Bretagne, Paulette Souchon, infirmière, Jérôme Vignon, Patrick Viveret, philosophe et magistrat, Patrick Weil, directeur de recherche, Robert Zarader, cadre dirigeant - publicité, Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France...
voir la liste complete des signataires

Monday, February 05, 2007

De retour du Conseil Mondial IUSY

De retour du Conseil Mondial de la IUSY qui se tenait ce week-end à Cork. Je vous ecris plus tard pour vous en faire le compte-rendu