
Deux ans maintenant que la Côte d'Ivoire est divisée, après la tentative de coup d'état des rebelles et l'interposition de la France et de la force licorne. La situation est figée. Chacune des deux parties se renvoyant la responsabilité du blocage de la situation. Plusieurs réflexions sur cette crise dont la Côte d'Ivoire ne semble pouvoir se sortir.
1) La France n'est pas exempte de responsabilités
Accusée par les deux camps de favoriser soit le gouvernement, soit les rebelles ("forces nouvelles"), la France a depuis le début montré sa volonté de se placer au coeur du conflit. Aujourd'hui, il existe deux forces d'interposition sans que cela ne choque personne : l'ONUCI (les casques bleus) et la force Licorne (les français). Comment justifier le fait que la force Licorne ne soit pas placée sous le commandement de l'ONU? Le MJS demande l'intégration immédiate de la force LICORNE dans l'ONUCI et la réduction progressive du nombre de troupes françaises, au profit notamment des troupes envoyés par l'Union Africaine. Ces interférences, hors du cadre de l'ONU laisse constamment peser le doute de la partialité des forces dites "impartiales".
Autre exemple, la médiation de la France. Immédiatement après la tentative de coup d'état, la France convoque l'ensemble des acteurs sans aucun mandat de l'ONU. C'est le sommet de Marcoussis. Après ce sommet (le week-end suivant à Kleber), on impose à Gbagbo de donner les ministères de la défense et de l'intérieur aux forces nouvelles. Fallait-il être devin pour imaginer que cela allait poser quelques problèmes? La méthode n'était certainement pas la bonne.
Qu'on le veuille ou non, la France sera constamment soupsonné de partialité dans la crise. La crise de novembre dernier exacerbe encore plus les tensions entre les acteurs. Suite au bombardement de positions françaises par les troupes de l'armée ivoirienne, la riposte de la France est démesurée. Destruction de l'ensemble de la flotte aérienne de la Côte d'Ivoire, occupation de l'aeroport, des principaux points stratégiques d'Abidjan, du port et des ponts. De nombreuses manifestations éclatent et font ressurgir la haine anti-français. La repression des manifestations par l'armée française est violente : plus de 60 morts parmi la population civile ivoirienne. le résultat est désastreux. Plus de 8500 expatriés français sont obligés de fuire le pays. 2) Seule la médiation de l'Union Africaine permettra de sortir de la crise
La situation n'était plus tenable, et l'Union Africaine décide de prendre ses responsabilités. Tabo Mbeki, président de l'Afrique du Sud est nommé médiateur et s'agite à trouver une nouvelle méthode pour sortir de la crise. Les points de blocages sont connus : Gabgbo doit accepter la candidature de Ouattara (condition fixée par les rebelles) même si cela se fait contre les règles institutionnels, la question de la nationalité et de l'obtention de cartes d'électeurs doit être réglé. Du côté des rebelles, leur désarmement est un préalable à la tenue de toutes élections.
Mbecki impose à Gbabgo d'accepter la candidature de Ouattara. Il demande l'accélération de vote de la loi sur la nationalité. Gbabgo accepte. Première victoire de la médiation.
Un plan de désarmement est alors mis en place impliquant à la fois les troupes rebelles et les "milices" progouvernementales. Et là, point de blocage. La première étape du processus n'est pas respecté. Les rebelles fixent de nouvelles conditions. De manière évidente, ils refusent toute perspective de désarmement tant que Gbagbo reste au pouvoir, ce qui n'a jamais été une condition (de Marcoussis à Accra, jamais ce point n'avait été soulevé). Mbeki appelle au respect du calendrier de désarmement, il est accusé de partialité par les forces rebelles.
3) La nécessité de tenir au plus vite des élections
Les élections présidentielles devaient se tenir le 30 octobre. De l'avis de tous, face au refus de désarmement des forces nouvelles, ces élections ne pourront se tenir à la date prévue. Les forces nouvelles sortent du chapeau une nouvelle revendication : processus de transition sans Gbagbo. Mais n'est-ce pas aux electeurs de décider qui ils veulent élire président de la république. A l'évidence, des élections libres et transparentes ouvertes à tous, sont la condition démocratique de sortie de la crise. Si le peuple ne veut plus de Gbabgo, il sera battu et l'opposition pourra alors mettre en place toutes les transitions qu'elle souhaite. Mais maintenant que nous sommes sur que Ouattara pourra se présenter, seule une élection présidentielle pourra départager les principaux prétendants. Et pour cela, les forces nouvelles doivent accepter de désarmer.
Après le 30 octobre, Gbagbo devrait rester au pouvoir. On voit mal comment il pourrait en être autrement. Les forces nouvelles ne peuvent pas à la fois bloquer le processus de désarmement en empéchant de fait la tenue des élections et hurler contre le fait que Gbagbo doive rester au pouvoir plus longtemps jusqu'à des élections. L'Union Africaine, vraisemblablement suivi par l'ONU, devrait acter ce principe, appellant à la tenue d'élections libres et transparentes dans les 12 mois. Fixer un délai semble nécessaire. Et l'ensemble des acteurs doivent s'engager à le respecter. Les électeurs décideront ensuite souverainement.
La résolution de la IUSY sur la Côte d'Ivoire adoptée lors du conseil mondial de la IUSY (Décembre 2004)
In November 2004 – after the failure of the disarmament process – the Ivorian army launched an armed offensive on the territories held by the rebels. In this attack, a French military camp was bombed. This action caused a reaction of the French army in which they neutralized important parts of Ivorian aviation. After this act, many demonstrations occurred, overflowing
widely in violence in the streets and attacks on the French and the foreigners. UN intervention, together with the African Union commitment, didn’t bring stability to the country at the moment. The violation of the ceasefire and the reopening of a military confrontation brought to the UN resolution 1572. IUSY is standing for a real peace process in Ivory Coast having a constant dialogue with JFPI and other African youth organisations in the region.
IUSY World Council realises with regret the decrease of the socio-political situation in Ivory Coast. IUSY is:• Observing the increasing of the country division and the last developments of the Ivorian
crisis.
• Considering the efforts of the President Gbagbo in the resolution of the crisis and the implementation of certain reforms.
• Seeing the urgency to proceed quickly to the reunification of Ivory Coast in order to organise free and democratic elections in 2005.The IUSY World Council calls for:
• The immediate end of violations on Human Rights, on liberty of expression and opinion, and all the violence committed both in the rebel zone and in the governmental zone.
• The immediate disarmament of the rebels. The UN and all the international community must use its powerof pressure to constrain the «New Forces» to deposit the weapons and accept the democratic ways. The UN office of Ivory Coast has therefore to fully exercise their mandate in order to «help the Government of national reconciliation execute the national program of disarmament, demobilisation and reintegration of the fighters» and to «help the Government of national reconciliation to reestablish the authority of the State everywhere in Ivory Coast».
• The implementation of a political solution on the basis of the UN resolutions and in the framework of the agreements of ACCRA III. The division of the country is unacceptable, but the military option will only reinforce tensions and divisions within the society and decrease the possibility for a reconciliation process. The respect of the Linas-Marcoussis and Accra III Agreements is the only legitimate way out of the crisis with the help of the AU mediation.
• Advice the international community to do everything in order to submit the modification of the article 35 of the constitution concerning the eligibility to a referendum under the control of the UN.
• The strengthening of the UN mission in Ivory Coast (ONUCI), a reinforcement of its military
capacities and a strong implication of the CEDACAO and of the African Union.
Therefore we call on the government of Chirac in France to withdraw progressively, to put an end to the “Licorne” operation and integrate its forces with the UN ones. Those are the signs from the international community that are necessary in order to reestablish the confidence with the population of Ivory Coast.
• Strongly condemn the intervention of the french army and ask the UN to put in place an international inquiry in order to have a clearer vision of what happened.
• Reaffirm his support to the FPI and to the ivorian people.
• Advice the international community to do everything in order to submit the modification of the article 35 of the constitution concerning the eligibility to a referendum under the control of the UN.
• Fully support the initiative of the President Mbeki in Ivory Coast and ask to the African Union to give a more important place in its action to the resolution of the crisis.

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