Wednesday, March 01, 2006

Elf, la Pompe Afrique

J'étais hier au théatre de la Fenetre pour la pièce mise-en-scène et interprétée par Nicolas Lambert: 'Elf, la Pompe Afrique', portant sur le procès Elf. Le principe est simple. Nicolas Lambert a suivi pendant les quatre mois d'audience le procès de Loïc Le Floch-Prigent, de Alfred Sirven et de André Tarallo. Il reprend dans cette pièce de théatre la retranscription de ces notes pendant les audiences. Le résultat est surprenant, souvent suréaliste. Les paroles sont vraies, mais elles font rire. Ce qui renforce certainement le malaise à la fin de la pièce. Au-travers de cette pièce, Nicolas Lambert met en avant les méchanismes de cette entreprise dans laquelle les commissions, rétro-commissions et financements des dictateurs africains et des hommes politiques français constituaient une activité centrale de l'entreprise. Comme le note justement Nicolas Lambert, ce procès n'était pas le procès du système Elf même s'il a permis d'en dresser les contours. C'est Elf qui a demandé ce procès pour en juger les derniers protagonistes. Hypocrisie donc. Mais lourd d'enseignements.

Je ne peux que vous conseiller d'aller voir cette pièce. Elle passe un peu partout en France. Allez consulter les prochaines dates. Faites connaitre cette pièce autour de vous! Indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à la Françafrique.

Comme le disait Nicolas Lambert au début de la pièce, les journalistes n'ont finalement que très peu suivi l'intégralité de ce procès, se concentrant sur les aspects les plus médiatiques, sensationalistes de l'affaire. Pas forcément les plus intéressants. Pourtant, il y avait matière.

+ d'infos sur la pièce : www.unpasdecote.org
Lire le post sur le blog Afrique de Libération "Notes Africaines"

De fin mars à début juillet 2003 s’est déroulé en public au Palais de Justice de Paris le procès intenté par la compagnie pétrolière Elf à trente sept prévenus dont MM. Loïk Le FLOCH-PRIGENT, 57 ans, Alfred SIRVEN et André TARALLO, 76 ans tous les deux. Ce qui est officiellement jugé ce sont les abus de biens sociaux commis au détriment de la compagnie pétrolière pendant les quatre années de la présidence de M. Le FLOCH-PRIGENT, de 1989 à 1993.

S’il n’est pas physiquement présent dans la salle d’audience c’est bien le Pouvoir politique qui comparait devant la Justice. Même si ses représentants officiels, élus, sont absents, l’Etat français doit répondre ici de son fonctionnement, de ses financements, d’une façon de diriger sa politique. Les pays d’Afrique apparaissent au fil des audiences comme un moyen au service de la République. Ce qui semblait n’être qu’une société d’exploitation d’hydrocarbures se révèle être le bras séculier d’enjeux occultes au service d’une « certaine idée de la France ».

Sur scène, devant la Justice, cette dimension opaque apparaît en pleine lumière. Le Président du Tribunal brise le silence qui unit les trois principaux prévenus. Peu à peu, derrière le procès fait aux hommes, un autre procès apparaît, celui d’un système, celui d’un Etat.

Pour l’écriture de la pièce, Nicolas Lambert a assisté à l’essentiel des quatre mois du procès. Les dialogues sont bien les propos qu’ont tenu les protagonistes du procès.

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Elf Energie Francafrique

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