Premier acte : Suite à une demande d'extradition de la Belgique, Hissène Dabré, ancien dictateur du Tchad auteurs de graves atteintes au droits de l'homme, est emprisonné au Sénégal où il vit en exil depuis le coup d'Etat de Sassou II (un dictateur qui remplace un autre dictateur.) La Belgique souhaite juger Hissène Dabré pour l'assassinat d'opposants.
Deuxième acte : Wade, le président sénégalais demande l'avis de ces homologues africains via l'Union Africaine. Sassou II, actuel dictateur Tchadien, se prononce en faveur de l'extradition.
Troisième acte : la cour de justice sénégalaise se déclare incompétente et remet en liberté Hissène Dabré qui exploite cette décision comme une victoire politique. En fait, la responsabilité revient au président sénégalais qui tergiverse pour statuer.
Quatrième acte (à venir) : C'est donc l'Union Africaine qui décidera, probablement lors de son sommet en janvier 2006. D'ici là, Hissène Dabré continuera à bénéficier de l'hospitalité du Sénégal. Les familles des victimes attendront.
Conclusions / Implications: La meilleure solution serait que Hissène Dabré puisse être juger par un tribunal impartial et indépendant tchadien. A défaut africain. Mais il ne faut pas sous-estimer le pouvoir accélérateur que peut avoir de telles actions à l'étranger. On se rappelle de l'Espagne qui demandait l'extradition de Pinochet. Si les juges anglais avaient finalement décidé de le renvoyer au Chili, cette action avait permis de faire tomber un taboo. Oui, il était possible de porter devant la justice un ancien dictateur. Les obstructions restent nombreuses et Pinochet continue à jouer avec ses "problèmes de santé" pour esquiver ses responsabilités pénales. Mais l'obstination de certains juges chiliens contribuent à ne jamais laisser Pinochet dans la tranquilité. Pour Hissène Dabré, "le pinochet africain", espérons que tout cela contribuera à faire avancer la justice et la capacité des peuples à juger leurs dictateurs présents et passés. Espérons aussi que l'Union Africaine prenne ses responsabilités. S'il n'est pas possible de le juger au Tchad ou en Afrique, alors il faut l'extrader vers la Belgique. Un point c'est tout.
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